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Imad BADREDDINE

 

Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 19:41


Seules quelques Cassandre isolées avaient lancé des mises en garde : la politique israélienne contribue à l’islamisation de la société palestinienne.

Déjà, en 1976, les dirigeants israéliens ne parvenaient pas à appréhender la réalité. Shimon Pérès était à l’époque ministre de la défense du premier gouvernement Rabin. Espérant une victoire des candidats projordaniens, il avait permis la tenue, le 12 avril, d’élections municipales en Cisjordanie. Las, le calcul s’était avéré faux. Les électeurs avaient massivement voté en faveur de l’OLP et de la gauche palestinienne laïque.

Quelques jours plus tard, pour favoriser l’émergence d’une nouvelle force politique à Gaza, l’administration militaire israélienne avait approuvé la création d’une "Association islamique", dont le but déclaré était la diffusion de la religion musulmane par des activités culturelles et sportives. Le chef spirituel de ce mouvement lié aux Frères musulmans était un cheikh infirme d’une quarantaine d’années : Ahmed Yassine. Il était le favori des gouverneurs militaires qui, régulièrement, venaient lui rendre visite. Les généraux expliquaient : "Il est préférable que les Palestiniens prient et ne s’occupent pas de politique !" L’arrivée au pouvoir du Likoud ne changera pas cette attitude bienveillante d’Israël envers la confrérie.

En 1981, après l’assassinat d’Anouar El-Sadate, les autorités égyptiennes ont expulsé des dizaines d’étudiants islamistes palestiniens qu’Ariel Sharon, ministre de la défense, a autorisés à revenir s’installer à Gaza. Ils deviendront des dirigeants du Hamas et du Djihad islamique. L’année suivante, Israël donne le feu vert - et, affirment certains, une contribution matérielle -à la construction de l’immeuble de l’Association islamique dont les membres vont régulièrement saccager les bureaux du Croissant rouge palestinien, dirigé par Haïdar
Abd Al-Shafi, proche du Parti communiste et de l’OLP. La bienveillance israélienne ira jusqu’à juguler l’opposition aux islamistes. Les étudiants qui osent leur porter la contradiction au cours de débats publics se retrouveront derrière les barreaux. Ils sont dirigés, à Gaza, par Mohammed Dahlan, futur patron de la sécurité préventive de l’Autorité autonome. A l’époque, il était le chef, à Gaza, de la Chabiba, le mouvement de jeunesse du Fatah, et sera arrêté à onze reprises. Son homologue en Cisjordanie est Marouan Barghouti, étudiant à l’université de Bir Zeit. Lui aussi effectue des séjours réguliers dans les prisons israéliennes.

En 1984, les services de sécurité israéliens ont une mauvaise surprise. Les islamistes ne sont pas d’innocents religieux. Au cours d’une perquisition chez Ahmed Yassine, ils découvrent des dizaines de fusils d’assaut. Le Cheikh est passé à l’étape suivante de son projet secret : la constitution de cellules militaires. Il est condamné à treize ans de prison mais retrouve la liberté en mai 1985 dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et l’organisation palestinienne d’Ahmed Jibril. L’accord avait été négocié par Itzhak Rabin, alors ministre de la défense...

En décembre 1987 éclate la première Intifada. Les dirigeants israéliens estiment que l’OLP pourrait retirer des gains politiques du soulèvement et la priorité dans la répression va au démantèlement des comités populaires du Fatah. MM. Barghouti et Dahlan, considérés comme de dangereux agitateurs, sont expulsés en Jordanie. A Gaza, le cheikh Yassine a mis sur pied le Hamas, auquel les militaires israéliens ne prêtent d’abord pas attention. Il ne sera arrêté que l’année suivante, après l’assassinat d’un soldat enlevé par le commando Azzedine El-Kassam, la branche armée du Hamas, qui ne comptait à l’époque que quelques dizaines de combattants.

Il faudra attendre 1993 pour qu’Israël change de politique et accorde la préférence au Fatah en signant les accords d’Oslo. L’organisation de Yasser Arafat prend le contrôle, à tous les niveaux, de l’administration autonome en Cisjordanie et à Gaza. Des responsables venus de Tunis s’installent aux postes-clés, distribuent à leurs proches fonctions et sociétés économiques. Le Hamas, qui s’oppose à toute négociation avec Israël, décide de torpiller le processus de paix par des attentats-suicides anti-israéliens particulièrement meurtriers, en 1995 et 1996. Ces attaques ont une double conséquence. L’opinion publique israélienne bascule et élit Benyamin Nétanyahou, le candidat Likoud, principal opposant aux accords d’Oslo, alors que l’armée israélienne durcit le bouclage de la Cisjordanie et de Gaza.

Pour le Palestinien moyen, l’arrivée au pouvoir du Fatah se traduit donc par de longues files d’attente aux barrages, pendant que les notables du cru se distribuent les bénéfices d’une gestion opaque et que les Israéliens renforcent leur colonisation. La popularité du Hamas s’accroît d’autant plus rapidement qu’en 1997, après une monumentale bavure du Mossad en Jordanie, Benyamin Nétanyahou remet en liberté le cheikh Yassine.

Le grand tournant interviendra à la fin de l’année 2000 avec l’effondrement du processus d’Oslo et la seconde Intifada. Face au soulèvement palestinien, l’armée israélienne applique de nouvelles tactiques dont le but est de "graver dans la conscience" des Palestiniens qu’ils n’obtiendront "rien par la violence". Bouclages hermétiques des villes, couvre-feu, interdiction de circuler. En parallèle, Tsahal impose une pression militaire continue sur l’Autorité autonome palestinienne et les militants du Fatah, dans l’intention de leur faire cesser les attentats.

Résultats : la population de Cisjordanie et de Gaza fait face à une crise économique et sociale qu’elle n’avait pas connue depuis les années 1950. Israël, par ailleurs, démembre systématiquement les institutions de l’Autorité palestinienne sans ouvrir aucune perspective politique. L’Etat juif et la communauté internationale affaiblissent considérablement les services de sécurité palestiniens, qui auraient pu, s’ils leur en avaient donné les moyens, ramener le calme.

A Gaza, selon les services israéliens, le Hamas est désormais militairement plus puissant que la police de Mahmoud Abbas. Quelques analystes du Shin Beth et des renseignements militaires avaient lancé des mises en garde contre des telles conséquences. Ils n’ont pas été écoutés.

En février 2006, face à un Fatah usé par le pouvoir et la corruption, les arguments du Hamas ne pouvaient que convaincre une population exsangue. Le processus entamé en 1976 est parvenu à son terme. La politique de tous les gouvernements israéliens, les erreurs et les fautes de l’OLP et du Fatah ont donné le pouvoir aux Frères musulmans.


Charles Enderlin

Par Charles Enderlin. - Publié dans : Politique
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 14:30

Le cèdre majestueux continuera à tracer l’histoire du Liban Parmi les sujets dont il ne faut pas encore cesser de parler, il y a indiscutablement le Liban. Aujourd'hui il est urgent de l'évoquer avec insistance, parce que c'est un pays encore en état de guerre. Mais demain un Liban heureux reviendra, et la fortune qui favorisera les libanais audacieux pliera le sort à sa volonté et voici que reviendra le soleil des années glorieuses. Liban donc encore et toujours, tant que la paix ne s'y est pas encore installée. Après l'agression israélienne, qualifiée, le moins qu'on puisse dire, d'une des plus meurtrières, et qui fut un authentique génocide organisé, le Liban combat à l'heure présente sur deux fronts: à l'extérieur contre l'agression diplomatique, et à l'intérieur contre les traîtres à la haine forcenée.

1. Le programme israélien de démantèlement du Liban


Pour être explicite, voici de quoi il s'agit. Dans le programme sioniste publié à Jérusalem en 1982 par Oded Yinon, est clairement affirmée la nécessité de l'explosion et du démantèlement du Liban en cinq provinces ou cantons, ainsi que la nécessité du démantèlement de la majorité des pays du Moyen-Orient, car, comme il y est dit: «Il faut désormais disperser les populations, c'est un impératif stratégique. Faute de cela, nous ne pouvons survivre, quelles que soient les frontières». (1) Quelqu'un pourrait demander: «Mais pourquoi? Quel intérêt aurait Israël à anéantir tous ces pays? Difficile à croire, qu'il serait réduit à semer tant de mal!». Eh bien, Israël vit de la mort des autres. Divide et impera, divise afin de régner. «Et pourquoi le Liban?», insisterait-on. «Quel profit tirerait Israël à détruire un si petit pays tel leLiban?!». Pourquoi? Pour trois raisons: 1. Israël veut l'eau du Liban, notre monnaie forte, notre pétrole blanc. Il souffre de manque d'eau. Il a soif. Et le Liban avec ses richesses hydriques lui fait venir, pour ainsi dire, l'eau à la bouche. 2. Israël est enragé du système économique prospère dont le Liban a toujours joui, et de la solidité extraordinaire de son secteur bancaire. Il profite largement de la situation de guerre au Liban. Cette première place financière et commerciale, ce principal centre d'affaires pour l'ensemble des pays du Moyen-Orient, Israël veut le détruire. Et penserait-il peut-être pouvoir se substituer à lui?! 3. Et surtout, Israël veut faire éclater le seul pays multiconfessionnel et multiculturel de la région, car le Liban, tout au long de son histoire, a toujours été une terre de refuge ouverte à tous les persécutés, qui y ont trouvé une générosité et une hospitalité telles qu'ils s'y sont acclimatés et que sur leur culture s'en sont greffées d'autres, de façon à former, au fil des âges, notre Liban d'aujourd'hui: un et pluriel. Alors qu’Israël est «une démocratie d'orientation raciale», comme le dit Gilad Atzmon (2), la présence d'un pays voisin multiracial, multiculturel et multiconfessionnel, dérange. Cela suppose que la convivialité est possible, alors qu' Israël fait tout pour chasser définitivement les palestiniens de leur terre afin qu'il devienne entièrement une terre pour juifs pur-sang.

2. Le vrai visage d'Israël


Aujourd'hui en Israël est nommé vice premier ministre et ministre aux menaces stratégiques le leader du parti «Israël Beitenou» (ce qui signifie «Notre maison Israël»), Avigdor Lieberman, dont Julien Salingue, dans son article «Avigdor Lieberman: le vrai visage d'Israël» (3), relate les mots: «Je suis tout à fait favorable – affirme Avigdor Lieberman – à la démocratie, mais lorsqu'il y a contradiction entre les valeurs démocratiques et les valeurs juives, les valeurs juives et sionistes sont prépondérantes». «Au-delà de ces déclarations – ajoute Salingue – Lieberman n'a jamais caché qu'il avait un projet très clair pour régler la question palestinienne: nettoyage ethnique et constitution de cantons». Toujours en Israël il y a bien de rabbins extrémistes et sectaires, dont le magistère de barbarie talmudique et sioniste est bien exprimé par les paroles de l'un d'entre eux, le rabbin Youssef Falay, qui appelle ouvertement – comme le relate l'«International Middle East Media Center - IMEMC» – à la déportation et à l'extermination de tous les mâles palestiniens. Dans un article intitulé «Parcours de guerre», en effet, rabbi Youssef Falay s'exprime en ces termes: «Nous devons garantir qu'aucun palestinien ne reste sous notre occupation. Si les palestiniens s'enfuient, tant mieux; mais si quelqu'un d'eux décide de rester, alors il doit être exterminé». (4) Un parlementaire israélien, Eitan, déclara d'ailleurs ouvertement le 11 septembre 2006 – au cours de la fonction commémorative du lieutenant Amihai Merhavia, tué en juillet 2006 au sud du Liban au cours de l'agression israélienne – la nécessité de jeter hors de la Palestine (qu'il dénomme «Judée et Samarie») tous les palestiniens (qu'il appelle «les arabes»): «Nous devons expulser tous les arabes de la Judée et de la Samarie. [...] A quelques-uns d'entre eux il pourrait être permis de rester sous certaines conditions, mais la majorité devrait s'en aller». Plus explicitement, rabbi Yousef Falay – qui vit dans la West Bank, à Yitzhar, un territoire arraché illégalement et violemment à ses propriétaires palestiniens – le 18 septembre 2006 a lancé «un appel au gouvernement israélien afin qu'on utilise les troupes pour tuer tous les mâles palestiniens de plus de treize ans, dans l'espoir d'effacer la présence palestinienne de cette terre». (5) Alors, aucun scandale suite à l'appel du philosophe Jostein Gaarder, dans son article intitulé «Un peuple élu de Dieu», à ne plus reconnaître l'Etat d'Israël, vu que, au nom d'une ancienne "élection" perdue et défigurée, il s'arroge le droit de transgresser avec une barbarie sans limite les principes premiers mêmes du droit naturel, qui protègent tout être humain: «Se comporter en "peuple élu de Dieu", c'est être non seulement stupide et arrogant, mais c'est commettre un crime contre l'humanité. Cela s'appelle le racisme. Notre patience atteint ses limites et notre tolérance n'est pas infinie. Nous ne croyons pas aux promesses divines en tant que prétexte pour occuper le territoire d'autrui et pratiquer la discrimination raciale. [...] Le royaume de Dieu n'est pas la restauration manu militari du royaume de David». (6) Byblos, d'où sortit notre alphabet

3. Si tu veux la paix prépare la guerre


Ce que Israël n'a pas pu réaliser du 12 juillet au 14 août 2006, c'est-à-dire se débarrasser définitivement du Liban (car la guerre était bel et bien voulue et préparée contre le Liban depuis bien avant Juillet, comme l'a révélé le même Olmert!), les diplomaties occidentales s'en chargent, à l'aide de la veulerie de la caste politique libanaise appartenant à cette minorité "majoritaire" qui s'arroge autour de Siniora le monopole du gouvernement, plus précisément à l'aide de ceux qui appartiennent à la classe mafieuse et sanguinaire. Tous ensemble, ils veulent mettre le Liban à genoux. Aujourd'hui continue à exercer ses fonctions un pseudo- gouvernement Siniora clairement illégal et anticonstitutionnel. Un million et demi de libanais sont descendus le 1er décembre 2006 au centre ville devant le Sérail, siège du premier ministre, pour demander la démission de ce faux gouvernement. Depuis, le sit-in continue, non violent comme de rigueur. Pourquoi, malgré les revendications de tout un peuple, ce gouvernement illégal (assisté bien sûr par la complicité politique et diplomatique du "vénérable" consensus international, ce que nous devrions appeler de son vrai nom «le gang des démocraties»), continue à feindre sa propre existence, en authentique usurpateur?

4. Le «bal des Ambassadeurs»


Nous assistons depuis la fin de l'agression israélienne, c'est-à-dire depuis août 2006, au «bal des ambassadeurs», plus précisément ceux des Etats-Unis et de la France, s'acheminant allègrement du domicile d'un mafieux quelconque ou d'un chef de bande à celui de sanguinaires criminels de guerre (Geagea et Joumblat), au Grand Sérail de Beyrouth, au siège du Patriarche maronite... Pourquoi ces illustres ambassadeurs turbinent-ils tant? Pour turlupiner le peuple! Turlututu, chers libanais! Vous ne voulez pas de ce gouvernement? Nous oui! Nous, c'est-à-dire des gouvernements étrangers qui voulons décider à votre place. C'est ce qu'on appelle ingérence dans les décisions politiques d'un pays. Comme si le Liban devait toujours avoir recours à la tutelle de je ne sais quel pays pour résoudre ses problèmes internes! Et vive l'«hypocrisie démocratique». Sans l'appui acharné des Etats-Unis et de la France ce pseudo-gouvernement Siniora ne serait qu'une loque et tomberait, selon toute justice. Parallèlement, ces ambassadeurs contribuent de tout leur poids à faire arriver le pays au gouffre, concédant aux traîtres, ceux qui n'ont jamais fait cas de l'intérêt du Liban et des libanais et ont toujours été à la solde de n'importe quel acquéreur, le droit de promouvoir le plus possible de désunion, de confusion et d'inquiétude, dans le but de provoquer – ce qu'ils souhaitent! – une agitation sociale généralisée et catastrophique, le chaos total, le coup de massue final. De la prière avant toute chose. C'est le chapelet de cette vieille dame qui aura aussi contribué à sauver le Liban.

5. Les traîtres


Ces traîtres sont la réelle minorité qu'on appelle «majorité du 14 mars», où s'entassent les vieux filous de toujours, avec à leur tête les Geagea (dont tout le Liban rappelle les crimes innombrables), Joumblat (idem), Saad Hariri (l'héritier de celui qui a plongé le Liban dans le gouffre d'une dette publique qui dépasse toute raisonnable capacité de remboursement, dette qui semble aujourd'hui arriver à plus de 50 milliards de dollars; Hariri qui continue la politique corruptrice de son père: «Tout s'achète et tout se vend!»), Amine Gémayel (qui va quémander à l'étranger, en premier lieu aux Etats-Unis, une présidence de la république que les libanais sont bien loin de lui octroyer)... On entend souvent répéter que «les chrétiens sont menacés». C'est vrai, ils le sont. Mais de la part de qui? Ils le sont avant tout par leurs traîtres – les traîtres chrétiens – dont les agresseurs israélo- américains font aujourd'hui leurs pantins, en attendant de les balayer après avoir écrasé le Liban. Ainsi que pour toute autre communauté libanaise – sunnite, druze ou chiite – s'il y a une menace qui pèse sur elle aussi, elle vient de leur poignée de traîtres, complices des ennemis du Liban et de chacune de ses communautés.

6. Les coeurs vaillants


Le Liban a aujourd'hui des cœurs vaillants: les libanais qui s'unissent par multitudes autour de deux hommes qu'ils ont la chance d'avoir à leur tête et à leur guide: le Général Michel Aoun et Sayyed Hassan Nasrallah. Il y a quelques siècles, l'unité du Liban avait commencé à être engendrée par l'oeuvre du grand prince Fakhreddine (1572-1635). Aujourd'hui elle se meut vers son accomplissement et dans sa marche elle est nourrie jour après jour sur les deux places du Centre Ville, Place des Martyrs et Place Riad Solh, où, sous les tentes du sit-in, des milliers de jeunes se relancent, vers l'unité accomplie qui est leur espoir, leur devoir et leur honneur. Les libanais sont bien conscients de la gravité de la situation actuelle. Il s'agit de la vie ou de la mort de leur pays. Mais ils résistent, chacun avec les moyens du bord. D'une chose ils sont certains: la solution à tous ces problèmes et l'heureuse issue arriveront, mais à un prix très cher. La mort les épie et ils la narguent intrépidement. Il n'y a rien à faire, c'est leur nature fondamentale: face au danger, nul fléchissement.

Jacqueline Amidi Beyrouth

 
Note 1) Oded Yinon, ancien fonctionnaire du ministère israélien des Affaires Etrangères ayant opéré au département du plan, publia en février 1982 en hébreu, sur le n° 14 de Kivunim, revue de l'Organisation Sioniste Mondiale, l'important article- dossier au titre «Une stratégie pour Israël dans les années 80». Ce dossier fut traduit en anglais et divulgué par Israël Shahak, sous le titre «Le plan sioniste pour le Moyen-Orient». Voir Oded YINON, The zionist plan for the Middle East, With Forward and Conclusion by Israel Shahak, in Alabaster's Archive, http://www.geocities.com/alabasters_archive/zionist_plan.html.

2) Gilad ATZMON, Israel's raids on Gaza and Lebanon. Echoes of the Wehrmacht, in CounterPunch, 14-7-2006: http://www.counterpunch.org/atzmon07142006.html.

3) Julien SALINGUE, Avigdor Lieberman, le vrai visage d'Israël, in ISM-France, 16-11-2006: http://www.ism-france.org/news/article.php?id=5796&type=analyse&lesujet=Racisme.

4) Jewish rabbi calls for extermination of all Palestinian males, in IMEMC News, 18-9-2006: http://www.imemc.org/content/view/21527.

5) IMEMC News, 18-9-2006, article cité.

6) Jostein GAARDER, Guds utvalgte folk, in Aftenpostgen.no, 5-8-2006:

http://www.aftenposten.no/meninger/kronikker/article1411153.ece. Traduction française par Marcel Charbonnier: Jostein GAARDER, Un peuple élu de Dieu, in Tlaxcala, 23-8-2006:

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=986&lg=fr.

http://www.effedieffe.com/interventizeta.php?id=1838¶metro=esteri/

Par IMS - Publié dans : Politique
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Jeudi 24 avril 2008 4 24 /04 /Avr /2008 14:14
 

  

   
« Je suis autoritaire. […] Je ne sais pas discuter et j’aime décider seul.» Ancien membre de la Ligue communiste révolutionnaire comme son ami Edwy Plenel, Robert Ménard – que ses esclaves de RSF surnomment « l’adjudant Ménard » – illustre le tournant pris dans les années 1980 par ces contestataires aux dents longues, passés de l’engagement critique et politique aux préoccupations « déontologiques » et « morales ».

  Deux activités remplissent l’existence de l’adjudant Ménard : parader dans les médias pour délivrer des certificats de « liberté de la presse », et saturer les lignes de ses confrères pour attirer leur attention sur le dernier « coup » de Reporters sans frontières. La frénésie téléphonique de Ménard est telle qu’à l’approche du 3 mai, date de la journée mondiale de la liberté de la presse de marché, les journalistes, harassés, se refilent le combiné en chuchotant : « MCM ! MCM ! » [« Merde, c’est Ménard ! », ndlr]. « Notre seule force, c’est notre poids dans les médias », rétorque le directeur de RSF. « La médiatisation de notre action n’est pas un supplément d’âme, c’est notre raison d’être. »

  L’adjudant Ménard a théorisé la guérilla médiatique : « Il faut savoir utiliser les techniques d’aujourd’hui : la publicité, le marketing. » Et surtout, savoir transmuer la censure en cirage : « Il m’est arrivé, en tant que directeur de l’association, de demander à des journalistes de ne pas trop parler de tel ou tel dérapage de tel ou tel confrère que nous défendons… La plupart des journalistes tiendront compte de mes remarques. »
   

  


« Déontologie » oblige, l’adjudant Ménard s’indigne parfois contre des « confrères » qui ne sont « pas à la hauteur de leur mission » : « Nous veillons, depuis, c’est vrai, trop peu de temps, à ne pas en faire des parangons de vertu quand nous savons que certains sont eux-mêmes corrompus et peu respectueux d’un minimum de déontologie. » De qui s’agit-il ? D’Yves Messarovitch (L’Expansion) qui fourbit à langue nue le piano du patron multimilliardaire Bernard Arnault ? De Christine Mital (Le Nouvel Observateur) qui reprise les phrases trouées de Messier et rédige son livre (lire PLPL n° 2-3) ? Que nenni ! Ces journalistes corrompus, l’adjudant Ménard les a détecté « au Cameroun » et « en Côte d’Ivoire par exemple, [où] toutes les grandes entreprises disposent d’un “budget communication” très particulier, destiné à payer les journalistes pour la parution ou la non parution d’un article ». À ces indigènes ignorants, l’adjudant Ménard compte prodiguer les principes élémentaires de déontologie forgés par les parrains célèbres de Reporter sans Frontières : Christine Ockrent, reine des plagiats et impératrice des « ménages » ; PPDA, sa fausse interview et ses bébés ramenés d’Irak dans des couffins : « Reporters sans frontières a toujours pu compter sur lui, note Ménard, et je ne vois pas pourquoi nous devrions nous fâcher. »

Par IMS - Publié dans : Actualités
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Mercredi 23 avril 2008 3 23 /04 /Avr /2008 15:46

Ménard, le petit télégraphiste de la CIA et son instrument RSF mouillés dans un scandale de corruption.

Reporters sans frontières (RSF) garde un silence total depuis quelques jours sur la scandale de corruption qui dégringole sur les principales sources de fonds aux Etats-Unis, le Cuban Freedom Center, de l'agent de la CIA, Frak Calzon, ami personnel du Secrétaire perpétuel et autoproclamé de l'organisation française Robert Ménard. Le porte-parole de Bush, Scott Stanzel, a révélé il y a peu que le cas de Felipe Sixto, un conseiller présidentiel sur les questions cubaines et de Puerto Rico qui travaillait durant des années avec Calzon a été transféré au Département de la justice après qu'a été découvert que ce fonctionnaire était impliqué dans des activités de détournement de fonds. Menard reçoit depuis longtemps de généreux subsides de l’organisation de Calzon, avec lequel il a noué des relations d'amitié. L'utilisation illicite de fonds provenant de la United States Agency for International Development (USAID) a été détecté à la fin de janvier 2008, selon la confession de Calzon dans des déclarations publiques dans lesquelles il nie désespérément toute responsabilité dans les activités criminelles de son bras droit. Selon AP, Sixto a laissé son poste à l'organisation de Calzon et s'est incorporé au bureau des Affaires intergouvernementales de la Maison Blanche comme conseiller spécial du Président au mois de juillet dernier et « avait comme mission le contact avec les fonctionnaires hispaniques, les groupes indiens et les législateurs des états dans les affaires concernant les relations avec Cuba, Puerto Rico, l'hygiène, les questions du travail, ou du milieu ambiant ». Jusqu'à aujourd'hui, Calzon s'est abstenu d'expliquer pour quoi Sixto, qui était son plus indispensable collaborateur, a accepté subitement de quitter son organisation l'été dernier. Le GAO AVAIT DEJA MIS LE DOIGT DANS LA PLAIE Résidant à Washington, le Cuban Freedom Center prétend passer pour une « organisation non gouvernementale » dont la mission est de promouvoir « les droits de l4homme et la transition démocratique » à Cuba. Sixto, un cubain de Miami résidant à .Frederick, Maryland, entretient des relations assidues avec les membres connus de la mafia cubanoaméricaine. RSF possède en Floride des liens étroits avec des individus identifiés par le FBI lui-même comme terroristes et avec des groupes qui appuient ouvertement le terrorisme contre Cuba. « Rien jusqu'ici ne met en relation le Cuban Freedom Center et je suis sûr que rien (en plus) ne l'a impliqué ou est actuellement impliqué dans ces activités », a juré Calzon à la AFP. L'agence Française affirme dans un câble que l'organisation de Calzon et de Sixto a envoyé à Cuba « des milliers de livres, ordinateurs portables, radios ondes courtes et médicaments » Cependant, une enquête du General Accountability Office (GAO) un bureau de contrôle du gouvernement fédéral dans un rapport de 50 pages publié il y a quelques mois note que très peu des dizaines de millions distribués pour la USAID sous la Rubrique Cuba est effectivement parvenu dans l'île. Un nombre important des organisations parasitaires de la « dissidence » de Miami s'est approprié cette fortune quand elle a touché la Floride. Plus de 95% , c'est-à-dire la quasi-totalité des 65,4 millions du budget Cuba de la USAID examiné par le GAO a été attribué «en réponse à des propositions non sollicitées » sans justification légale, révélait le rapport. Parmi les grands bénéficiaires de cette opération de détournement de fonds on trouve Cuban Freedom Center, de Calzón, qui a bénéficié de plus de 5 millions entre 1996 et 2005. Comme si cela n'était pas suffisant, la USAID a reçu des subsides également de National Endowment for Democracy (IRI) et de la International Republican Institute (IRI), deux autres pourvoyeurs de RSF. Ce n'est pas par plaisir que Robert Ménard maintient un bureau à New York, et dispose d'une signature comptable en Virginie, à quelques minutes du Bunker de la CIA, en plus d'un compte bancaire nord-américain auquel lui seul a accès. CALZON, UN EX TERRORISTE DU GROUPE ABDALA A la fin des années 60, Frank Calzon, alors agent spécial de la CIA, a été le dirigeant du groupe terroriste Abdala, lié au mal nommé Front de Libération National de Cuba (FLNC). Calzon devint à être directeur exécutif de la Fundación Nacional Cubano Americana (FNCA), depuis sa création en 1981, sous la directive de la Maison blanche de Ronald Reagan. Une organisation connue pour son appui aux activités criminelles du terroriste Luis Posada Carriles. A partir de 1987, il passa à l'organisation d'extrême droite Freedom House pour là se créer une organisation propre,le Cuban Freedom Center, qui immédiatement reçut 400 mille dollars de la part du Gouvernement des Etats-Unis. Ménard a connu Calzon à ce moment-là par l'intermédiaire de Otto Reich, un autre haut fonctionnaire nord américain, né à Cuba de père autrichien. Durant ces années Robert Ménard nia ses relations avec Calzon. En mars 2004, Ménard et Calzon se présentèrent en public ensemble, avec une mercenaire connue de Miami, Silvia Iriondo, dans une réunion avec les députés européens, provoquée par les alliés de José María Aznar dans l'Union Européenne. En mai, Calzon mit la main sur 5 des 34 millions que Bush avait assignés pour la bonne marche de son plan d'annexion de Cuba. Reporters sans frontières s'est alors attribué une part du gâteau. Cependant, il fallut attendre un forum sur internet de l'hebdomadaire Nouvel Observateur, le 22 octobre 2004, pour que le chef de RSF reconnaisse ouvertement ses liens avec l'ex-agent de la CIA. Pendant ce temps-là il développait en France des campagnes médiatiques qui montraient aux secteurs progressistes, que le chef de RSF obéissait aux directives très claires des renseignements nord-américains, Ce qui expliqua pourquoi il resta silencieux il y a peu quand d'importants médias progressistes comme la page web rebelion.org et l'Agence Bolivarienne d'Information ont été censurés par divers serveurs d'Internet en Suisse et d'autres pays d'Europe. Face au scandale Sixto-Calzon, Ménard a préféré éviter la question et réaliser en France une bruyante campagne contre la Chine, avec la presse française, propriété des mêmes grandes fortunes qui le soutiennent. Néanmoins à Miami, il apparaît que la cas Sixto-Calzon est seulement la pointe de l'iceberg et que de nouvelles investigations pourraient promptement révéler d'autres scandaleux chapitres de la sale guerre contre Cuba menée depuis 50 ans par le gouvernement de Washington.

Par Jean-Guy Allard - Publié dans : Politique
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 19:15

Le témoignage d’Assadiq a été totalement discrédité par les multiples inexactitudes et affabulations qu’il contient…

Depuis plusieurs jours, le fameux « témoin clé » dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’ancien agent des Renseignements syriens (Idarat Al-Mukhabarat Al-Ama), Mohammed Saïd Assadiq, fait l’objet de tous les commentaires de la presse arabe.

Assadiq s’était réfugié en France et y bénéficiait d’une protection rapprochée, après avoir témoigné devant la Commission d’enquête internationale. Ses aveux impliquaient de hauts responsables syriens et libanais dans l’assassinat de Rafic Hariri.

Depuis, la Syrie réclamait son extradition afin de le confronter aux autres protagonistes du dossier. En vain. Or, depuis la semaine dernière, le mystère s’est encore épaissi autour de Assadiq, qui était désigné désormais comme « témoin clé ».

En tout état de cause, la France avait gardé le silence sur cette disparition. Interrogé ce mardi par la télévision « Al Arabiya », le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fini par reconnaître la disparition de Saïd Assadiq, sans pour autant dissiper le mystère.

«Il était chez lui ou assigné à résidence et il a disparu. Et c’est tout ce que je sais. Je viens de l’apprendre ce matin. Je suis le premier à le déplorer», a déclaré le ministre des Affaires étrangères. «Mais je ne sais pas dans quelles conditions et s’il y avait un dispositif policier pour le garder. Je ne confirme rien.»

La disparition de Assadiq, dont le témoignage était jugé peu fiable par plusieurs observateurs, intervient dans un moment critique, alors que la Syrie s’apprête à rendre ses conclusions sur l’assassinat d’Imad Moughnieh. Conclusions qui mettraient directement en cause Israël.

Par IMS
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 18:59


Et comme par hasard

 

Et comme par hasard, au moment où le public pose des questions génantes sur cette base secrète, les braves petits gars d’Al Qaïda viennent nous faire une “piqure de rappel” en enlevant des touristes occidentaux… la peur du “terroriste”, ça marche toujours pour faire taire les critiques…

Et comme par hasard la base militaire est tenue par des mercenaires qui ont déjà trempé dans des sales coups en Afrique (Executive Outcomes) ainsi que par certains des officiers qui ont trempé dans la sale guerre algérienne des années 1990 (cf. Qui a tué à Benthala de Yous Nesroulah et Salima Mellah)

Comme par hasard…

cette base militaire se trouve à une centaine de kilomètres seulement de la zone d’action de “Al Qaïda au Maghreb”.

La base américaine en Algérie précisément localisée

Localisation de la base secrète américaine dans le désert algérienDifférentes source d’informations se recoupant permettent maintenant de localiser précisément cette base américaine.

Elle est située à côté de l’oasis d’Ihérir, à 110 km nord-ouest de Djanet, et à 220 km de la frontière libyenne dans le Tassili des Adjer. A 120 km au nord, se trouve la bourgade d’Illizi, l’endroit exact où les touristes, allemands, suisses et autrichiens avaient été enlevé le 18 août 2003.

Deux généraux algériens jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement de cette base :

- Le général Kamel Abderrahmane, ancien colonel à la DRS du CPMI. Il dirige aujourd’hui la deuxième région militaire, celle d’Oranie. Il a été chargé de la couverture médiatique de l’affaire des otages et de celle de l’installation de la base américaine. Il aurait acheté le “Quotidien d’Oran” en se servant d’un prête-nom. Ceci expliquerait les “révélations” faites par ce journal sur le prétendu plan anterroriste américain.

- Le général Abdelmajid Saheb, qui dirige depuis 1999 la 4ème région militaire, comprenant Ouargla et Djanet. Il a reçu pour mission d’assurer la coordination du transport des engins et équipements nécessaires à l’installation de la base. Chef de la région depuis quatre ans, il la connaît bien pour avoir été l’adjoint du commandant précédent. Il a en outre effectué plusieurs déplacements aux Etats-Unis pour recevoir des instructions.

Mais il y a encore plus surprenant. L’armée américaine ne peut suffire à la tâche, assignée par le commandement, de quadrillage de la planète. Ceci explique le recours à une entreprise, fournissant des mercenaires, pour assurer la sécurité de la base.

Il s’agit “d’Executive Outcomes,” ou du moins de ses héritiers. Cette société jouit d’une unité de travail à la caserne algéroise de Ben Aknoun, là où se tient la DRS. Elle dispose aussi d’un bureau de liaison à Ouargla, siège de la 4ème région militaire dirigée par le général Abdelmajid Saheb.

Nous avons obtenu quelques noms des cadres oeuvrant en Algérie dans le cadre de cette opération :

Le commandant Emanuel Damink. Ancien des renseignements sud-africains sous le régime de l’apartheid, il a la charge du recrutement et de la collecte des renseignements sur les réseaux islamistes dans le monde. Entre autres missions, il a lui-même assuré l’évacuation vers les États-Unis de pièces d’équipements nucléaires entreposées par l’Irak sur le sol algérien. Ce transfert était une condition impérative au maintien des bonnes relations entre Alger et Washington.

Le capitaine Stefan Desmond. Ancien officier du contre-espionnage sud-africain. Expert en armes chimiques et en explosifs, il aurait supervisé le largage de gaz de combat sur des maquis islamistes en Algérie. Chargé de la sécurité intérieure d’Executive Outcomes, on le présente aussi comme un spécialiste de la torture dite “scientifique.”

Les Français ont quelques raisons de lui en vouloir car il a monté des mises en scène macabres de prétendus charniers de l’armée française. Les squelettes, supposés remonter à l’époque coloniale, avaient les mains attachées dans le dos par du fil de fer. Étrangement, et en dépit des années, aucune piqûre de rouille ne marquait le métal.

Desmond est très proche du colonel Othman Tartag, dit Bachir, le chef du CPMI (3) et successeur à ce poste du général Kamel Abderrahamane (voir plus haut). Très brun et les cheveux frisés, Desmond se fait passer pour un Égyptien quand il doit se fondre dans l’environnement.

Le commandant Uri Barsony. Il met en valeur une autre facette de la politique algérienne: les liens tissés entre Alger et les Israéliens. Si Barsony est un ancien officier supérieur sud-africain, il a aussi la nationalité israélienne. Il supervise l’entraînement des hommes d’Executive Outcomes et celui des Forces spéciales algériennes à Biskra. Mais, surtout, c’est lui qui effectue les achats d’armement sur le marché israélien, en particulier les lunettes de vision nocturne, autrefois fournies par les Français, et le napalm, plusieurs fois utilisé dans les montagnes de Kabylie. Barsony travaille en étroites relations avec le Shin Beth, le contre-espionnage israélien. Il s’est rendu à de nombreuses reprises sur l’île de Jerba (Tunisie), afin d’y enquêter,  après l’attentat commis contre la synagogue (avril 2001, 21 morts).

En outre, Barsony apparaît comme l’un des principaux responsables des liens nouvellement tissés entre l’Algérie et Israël. Très proche du général Sadek Kitouni, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud, il a travaillé avec lui à la création d’une “Association d’amitié et de solidarité économique Algérie-Israël,” installée à Alger.

Barsony n’est pas seul à s’activer en faveur du rapprochement entre Israël et l’Algérie. Déjà cité, son collègue Damink a organisé un voyage en Italie au cours duquel Abdelaziz Bouteflika, le Président de la République, a rencontré Dany Yatom, l’ancien patron du Mossad (5). Il a aussi mis sur pied des stages de formation d’officiers de la DRS (2) au centre du Mossad basé dans la banlieue de Tel-Aviv.

On mesure l’importance prise par les mercenaires sud-africains en Algérie. On se demande cependant la raison de leur présence autour d’une base perdue dans le désert.

Uri Barsony donne, à qui veut l’entendre, trois raisons: La lutte contre l’islamisme, la protection des champs de pétrole, et celle des gisements d’uranium.

Manque de chance. L’affaire d’otages est sans doute montée par les services algériens dans la région de la base d’Ihérir, et quant aux champs de pétrole, ils sont à plus de 300 km et les mines d’uranium sont dans un autre pays, le Niger, à 700 km.

Par IMS - Publié dans : Actualités
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /Avr /2008 18:46

Un Professeur de Philosophie Limogé Après Avoir Publié Une Tribune Anti-Cotillard Dans “Le Monde” 

Le professeur agrégé de philosophie Robert Redeker (très à droite, sur la photo) a été limogé (à grands coups de pieds au fondement) après avoir publié dans le quotidien “Le Monde” une tribune “très violemment anti-Marion Cotillard”, a-t-on appris ce matin auprès du ministère de l’Education nationale. Le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos, mis au courant du contenu de cette tribune, a “pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du professeur” qui a usé de “termes tout à fait inacceptables” et violé son “devoir de réserve”, explique-t-on de même source (1). Robert Redeker a notamment déclaré, dans un texte incroyablement grotesque publié le 30 mars dans “Le Monde”, que Marion Cotillard , “en mettant en doute la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 contre les Twin Towers de New York”, a “offert un puissant amplificateur à “la théorie du complot”" qui “voit les juifs (appelés américano-sionistes) derrière la manipulation”. Et certes, Marion Cotillard a développé, sur lesdits attentats, une théorie assez gravement affligeante. Mais, pour autant: jamais elle n’a tenu de propos à connotation antisémite. Par conséquent: Redeker délire - et ce n’est malheureusement pas la première fois. L’affaire est en effet jugée d’autant plus sérieuse, au ministère de l’Education nationale, que Robert Redeker a déjà “sauté à pieds joints sur le devoir de réserve qui s’impose à tout serviteur de l’Etat, en publiant naguère dans un autre journal patronal un long vomissement haineux”. (L’enseignant limogé avait, on se le rappelle, donné libre cours, dans “Le Figaro”, à d’effroyables pulsions islamophobes. Personnellement, ça me fout des jetons gros comme ça de penser que c’est notamment à ce mec-là qu’on prétend confier l’éducation de nos enfants à la philosophie.) Un autre fameux philosophe (2), BHL (à gauche sur la photo, avec l’air soucieux du gars qui se demande ce qu’il va bien pouvoir inventer pour qu’on parle encore de lui dans la presse qui ment), a aussitôt lancé une (courageuse): “Pétition de soutien à notre ami Robbie, que la très sale racaille fascislamo-gauchiste fait rien qu’à faire chier”. (Pour signer la (courageuse) pétition: www.au-cul-les-barbus.com.) BHL (3) observe notamment, dans ce courageux appel, que: “Au lieu d’emmerder Robbie pour le plus grand bénéfice d’Oussama Ben Laden, le gouvernement ferait mieux de limoger ce pauvre enc*** de sous-préfet Guigue, cette liberté d’expression à géométrie variable commence à me défriser grave le haricot”. (Comme le politologue (de renom planétaire itou) Pierre-André Taguieff (4) lui faisait remarquer: “Je signe, évidemment, ta (courageuse) pétition, mais je me permets de te signaler que le sous-préfet Guigue a bel et bien été viré”. BHL, un peu excédé, lui a répondu: “Attends, ma couille, je t’aime bien, mais c’est quand même pas toi qui vas m’apprendre le romanquête”.)

Par IMS - Publié dans : Politique
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 19:57

Yonatan Mendel


 
En ne reconnaissant pas qu’Israël est un endroit où le racisme dessine les relations entre les Juifs et les Arabes, les Juifs israéliens se rendent eux-mêmes incapables de traiter le problème, ou même de regarder en face la réalité de leurs propres vies.

l y a un an, j’ai posé ma candidature au poste de correspondant dans les Territoires Occupés pour le Ma’ariv, journal israélien. Je parle arabe, j’ai enseigné dans des écoles palestiniennes et j’ai pris part à de nombreux projets communs juifs-palestiniens.

Lors de l’entretien, le boss m’a demandé comment diable je pouvais être objectif ; j’avais passé beaucoup trop de temps avec des Palestiniens ; c’était obligé que j’aie un parti pris en leur faveur. Je n’ai pas eu le boulot. J’ai eu ensuite un entretien avec Walla, le site web le plus populaire d’Israël.

Cette fois, j’ai eu le poste et je suis devenu correspondant de Walla pour le Moyen Orient. J’ai vite compris ce que voulait dire Tamar Liebes, le directeur du Smart Institute of Communication à l’Université Hébraïque, lorsqu’il affirmait : "Les journalistes et les éditeurs se perçoivent comme acteurs au sein du mouvement sioniste, non comme des étrangers critiques."

Ce qui ne veut pas dire que le journalisme israélien n’est pas professionnel. La corruption, le délabrement social et la malhonnêteté sont traités avec une détermination louable par les journaux, les tv et les radios. Que les Israéliens aient appris exactement ce que l’ancien Président Katsav a fait ou non avec ses secrétaires prouve que les médias remplissent leur rôle de surveillance, même au risque de causer une gêne nationale ou internationale.

La tractation suspecte pour l’appartement d’Ehud Olmert, l’affaire sur le mystère de l’île grecque d’Ariel Sharon, les affaires de cœur secrètes de Binyamin Netanyahu, le compte bancaire secret américain d’Yitzhak Rabin, toutes ces affaires ont fait l’objet de discussions libres dans les médias israéliens.

Quand il est question de "sécurité", il n’y a pas une telle liberté. C’est "nous" et "eux", les Forces israéliennes de défense (IDF) et "l’ennemi" ; le discours militaire, qui est le seul autorisé, coupe court à toute autre possibilité de récit. Ce n’est pas que les journalistes israéliens obéissent à des ordres, ou à un code écrit ; c’est juste qu’ils préfèrent penser du bien de leurs forces de sécurité.

Dans la plupart des articles sur le conflit, deux bords combattent : les forces israéliennes de défense d’un côté, et les Palestiniens de l’autre. Lorsqu’un incident violent est rapporté, l’IDF "confirme" ou l’armée "dit", mais les Palestiniens "prétendent que" : "Les Palestiniens ont prétendu qu’un bébé avait été grièvement blessé par des tirs des IDF." Est-ce un mensonge ? "Les Palestiniens prétendent que les colons israéliens les ont menacés" : mais qui sont les Palestiniens ? Est-ce que c’est le peuple palestinien dans son ensemble, les citoyens d’Israël, les habitants de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, ceux qui vivent en camps de réfugiés dans les pays arabes limitrophes et ceux en diaspora qui ont posé cette affirmation ?

Pourquoi un article sérieux rapporte-t-il une plainte faite par des Palestiniens ? Pourquoi y a-t-il rarement un nom, un bureau, une association ou une source de l’information ? Parce qu’elle deviendrait plus fiable ?

Lorsque les Palestiniens ne prétendent pas, leur point de vue n’est tout simplement pas entendu. Keshev, le Centre pour la Protection de la Démocratie en Israël, a étudié la manière dont les principales chaînes de télévision et les journaux ont couvert les informations sur les victimes palestiniennes au cours d’un mois donné, décembre 2005. Ils ont trouvé 48 articles couvrant la mort de 22 Palestiniens.

Cependant, la version des IDF n’était suivie de la réaction palestinienne que dans 8 de ces articles. Sur les 40 autres, l’événement n’était rapporté que du point de vue de l’armée israélienne.

Un autre exemple : en juin 2006, quatre jours après que le soldat israélien Gilad Shalit a été kidnappé, du côté israélien de la barrière de sécurité de Gaza, Israël, selon les médias israéliens, a arrêté quelques 60 membres du Hamas, dont 30 étaient des membres élus du parlement et 8 ministres du gouvernement palestinien.

Dans une opération bien planifiée, Israël a capturé et mis en prison le ministre palestinien pour Jérusalem, les ministres des finances, de l’éducation, des affaires religieuses, des affaires stratégiques, des affaires intérieures, du logement et des prisons, ainsi que les maires de Bethléem, Jénine et Qalqilyia, le président du parlement palestinien et un quart de ses membres. Que ces responsables aient été pris dans leurs lits en pleine nuit et transférés sur le territoire israélien, probablement pour servir (comme Gilad Shalit) de future monnaie d’échange, n’a pas fait de cette opération un kidnapping. Israël ne kidnappe jamais : il arrête.

L’armée israélienne ne tue jamais personne intentionnellement, sauf lorsqu’elle assassine – situation que n’importe quelle organisation armée pourrait envier. Même lorsqu’une bombe d’une tonne tombe sur une zone résidentielle dense à Gaza, tuant un combattant et 14 civils innocents, dont 9 enfants, ce n’est toujours pas un meurtre voulu : c’est un assassinat ciblé.

Un journaliste israélien peut dire que les soldats des IDF ont touché des Palestiniens, ou tué, ou tué par mégarde, ou même qu’ils ont trouvé la mort (comme s’ils étaient en train de la chercher), mais il est hors de question d’employer le mot "meurtre" ("to murder" par rapport à "to kill", en anglais, ndt). Quel que soit le mot qu’on utilise, la conséquence est bien la mort, par les forces israéliennes de sécurité, depuis le déclenchement du deuxième Intifada, de 2.087 Palestiniens qui n’avaient rien à voir avec la lutte armée.

Les IDF, comme dépeintes par les médias israéliens, ont une autre capacité étrange : elles ne sont jamais à l’initiative de, elles ne décident jamais ni ne lancent une opération. Les IDF se contentent de répondre. Elles répondent aux roquettes Qassam, elles répondent aux attaques terroristes, elles répondent à la violence palestinienne, ce qui rend les choses tellement plus sensibles et civilisées : les IDF sont obligées de combattre, de détruire des maisons, de tirer sur les Palestiniens et de tuer 4.485 d’entre eux en 7 ans, mais aucun de ces événements n’est de la responsabilité des soldats.

Ils font face à un ennemi mauvais, et ils répondent consciencieusement. Le fait que leurs actions - couvre-feux, arrestations, sièges, tirs et meurtres – soient la raison principale des réactions palestiniennes ne semble pas intéresser les médias.

Parce que les Palestiniens ne peuvent pas répondre, les journalistes choisissent un autre mot dans leur lexique qui inclut : revanche, provocation, attaque, incitation, jets de pierre ou tirs de Qassams.

Lors d’un entretien avec Abu Qusay, le porte-parole des Brigades Al-Aqsa à Gaza, en juin 2007, je lui demandais quelle était la logique pour les tirs de missiles Qassam sur la ville israélienne de Sdérot : "L’armée risque de répondre", dis-je, ne réalisant pas que j’étais déjà partial. "Mais ici, nous répondons", me dit Abu Qusay. "Nous ne sommes pas des terroristes, nous ne voulons pas tuer… nous résistons aux incursions continuelles d’Israël en Cisjordanie, ses attaques, sa main-mise sur notre eau et son bouclage de nos terres".

Les paroles d’Abu Qusay ont été traduites en hébreu, mais Israël a continué de pénétrer en Cisjordanie toutes les nuits et les Israéliens n’y ont vu aucun problème. Après tout, ce n’était qu’une réponse.

A une période de raids intenses sur Gaza, j’ai posé à mes collègues les questions suivantes : "Si un Palestinien armé traverse la frontière, entre en Israël, roule jusqu’à Tel Aviv et tire sur des gens dans la rue, il est le terroriste et nous sommes les victimes, d’accord ? Cependant, quand les IDF traversent la frontière, roulent sur des kilomètres jusqu’à Gaza et se mettent à tirer sur des Gazaouis armés, qui est le terroriste et qui se défend ?"

Mon copain Shay, du service des graphiques, a clarifié les choses : "Si tu vas dans la Bande de Gaza et que tu tires sur les gens, tu es un terroriste. Mais quand c’est l’armée qui le fait, c’est une opération destinée à rendre Israël plus sûr. C’est l’application d’une décision gouvernementale !"

Une autre distinction intéressante entre nous et eux est survenue lorsque le Hamas a demandé la libération de 450 de ses détenus en échange de Gilad Shalit.

Israël a annoncé qu’il libèrerait des prisonniers, mais pas ceux qui avaient du sang sur les mains. Ce sont les Palestiniens –jamais les Israéliens – qui ont du sang sur les mains. Ce qui ne veut pas dire que les Juifs ne peuvent pas tuer d’Arabes, mais ils n’auront pas de sang sur les mains, et s’ils sont arrêtés, ils seront libérés quelques années après, sans parler de ceux qui ont du sang sur les mains et qui deviendront Premier Ministre.

Non seulement nous sommes plus innocents lorsque nous tuons, mais aussi plus sensibles lorsque nous sommes blessés. Une description habituelle d’un missile Qassam qui touche Sdérot ressemblera généralement à ça : "Une Qassam est tombée près d’une maison, trois Israéliens ont été légèrement blessés et dix autres choqués."

On ne fait pas la lumière sur ces blessures ; un missile touchant une maison en pleine nuit peut bien sûr causer du stress. Cependant, on doit aussi se rappeler que le stress est réservé aux Juifs. Apparemment, les Palestiniens sont des gens très solides.

Les Forces israéliennes de défense, faisant là encore la jalousie de toutes les autres armées, ne tuent que les gens les plus importants. "Un membre du Hamas de haut rang a été tué" est presque un leitmotiv dans les médias israéliens. Les IDF n’ont jamais trouvé ni tué de membres du Hamas de moindre échelon. Shlomi Eldar, correspondant TV dans la Bande de Gaza, a courageusement écrit sur ce phénomène dans son livre "Eyeless in Gaza" (2005).

Lorsque Riyad Abu Zaid a été assassiné en 2003, la presse israélienne s’est fait l’écho de l’annonce des IDF selon laquelle l’homme était le chef de la branche armée du Hamas à Gaza. Eldar, un des quelques journalistes d’investigation israéliens, a découvert que l’homme était simplement secrétaire du Club du prisonnier du mouvement. "C’est l’une des nombreuses occasions où Israël a monté un militant palestinien en grade", écrit Eldar. "Après chaque assassinat, tout militant de base est "promu" à un poste de premier rang."

Ce phénomène, selon lequel les déclarations des IDF sont directement traduites dans les rapports des médias – il n’y a aucun checkpoint entre l’armée et les médias – est le résultat à la fois du manque d’accès à l’information, et de la réticence des journalistes à montrer que l’armée a tort, ou à dépeindre les soldats comme des criminels. "Les IDF sont en action à Gaza" (ou à Jénine, ou à Tulkarem, ou à Hébron) est l’expression que l’armée répand et que les médias reprennent. Pourquoi perturber la vie des auditeurs ?

Pourquoi leur dire ce que font les soldats, leur décrire la frayeur qu’ils provoquent, le fait qu’ils débarquent avec de lourds véhicules et des armes et bousillent la vie d’une ville, créent de la haine, du chagrin et un désir de vengeance plus profonds ?

Le mois dernier, comme mesure contre les militants Qassam, Israël a décidé de couper l’électricité à Gaza pendant plusieurs heures par jour.

En dépit du fait que cela signifie, par exemple, que l’électricité ne pourra pas alimenter les hôpitaux, on a dit que "le gouvernement israélien a décidé d’approuver cette démarche, comme nouvelle arme non létale." Une autre chose que font les soldats, c’est de "khisuf" (clarifier).

En hébreu courant, "khisuf" signifie "révéler quelque chose de caché", mais, utilisé par les IDF, cela signifie découvrir une zone ou les caches potentielles des combattants palestiniens.

Pendant la dernière Intifada, les bulldozers D9 israéliens ont détruit des milliers de maisons palestiniennes, déracinés des milliers d’arbres et laissés derrière eux des milliers de serres détruites. Il vaut mieux savoir que l’armée a dégagé les zones plutôt que de regarder en face la réalité, à savoir que l’armée a détruit les biens, la fierté et l’espoir des Palestiniens.

Un autre mot utile est "keter" ("crowning", couronnement), euphémisme pour décrire un siège au cours duquel quiconque quitte sa maison risque de se faire tirer dessus.

Les zones de guerre sont des endroits où les Palestiniens peuvent être tués, même s’ils sont des enfants qui ne savent pas qu’ils sont entrés dans une zone de guerre. Au fait, les enfants palestiniens ont tendance à être promus "adolescents", en particulier lorsqu’ils sont tués accidentellement. D’autres exemples : les avant-postes israéliens isolés en Cisjordanie sont souvent appelés "avant-postes illégaux", peut-être en opposition aux colonies israéliennes qui sont apparemment légales.

La détention administrative signifie mettre en prison des gens qui n’ont pas eu de procès, ni n’ont été officiellement accusé de quoi que ce soit (en avril 2003, il y avait 1.119 Palestiniens dans cette situation).

On ne fait jamais référence à L’OLP (Ashaf) que par son acronyme, jamais par son nom complet : Palestine est un mot qui n’est pratiquement jamais employé – il y a un président palestinien, mais pas de Président de Palestine.

"Une société en crise forge son nouveau vocabulaire propre", écrit David Grossman dans The Yellow Wind, "et, petit à petit, un nouveau langage émerge de ces mots… ils ne décrivent plus la réalité, mais tentent, au contraire, de la cacher."

Ce "nouveau langage" a été adopté volontairement par les médias, mais si on veut un assortiment officiel des directives, on peut le trouver dans le Rapport Nakdi, un document rédigé par l’Autorité israélienne de la Radio et la Télévision.

Rédigée en 1972 et actualisée trois fois depuis, le rapport vise à "clarifier quelques-unes des règles professionnelles qui régissent le travail d’un journaliste." L’interdiction du terme "Jérusalem Est" en fait partie.

Les limitations ne sont pas circonscrites à la géographie. Le 20 mai 2006, la chaîne de télévision la plus populaire d’Israël, Channel 3, a rapporté "un nouvel assassinat ciblé à Gaza, un assassinat qui pourrait réduire les tirs de Qassams" (376 personnes sont mortes dans des assassinats ciblés, dont 150 étaient des civils qui n’étaient pas les cibles des assassinats).

Ehud Ya’ari, correspondant israélien pour les affaires arabes bien connu, s’est assis dans le studio et a dit : "L’homme qui a été tué est Muhammad Dahdouh, du Jihad Islamique (…). Cette opération fait partie d’une autre guerre, la guerre pour réduire le nombre des activistes Qassam."

Ni Ya’ari ni le porte-parole des IDF n’ont daigné parler des 4 civils palestiniens innocents qui ont aussi été tués dans l’opération, et 3 grièvement blessés, dont une petite fille de 5 ans, Maria, qui restera complètement paralysée. Cette "omission", révélée par le journaliste israélien Orly Vilnai, montre combien nous ne savons rien sur ce que nous croyons savoir.

Il est intéressant de noter que depuis que le Hamas contrôle la Bande de Gaza, l’un des nouveaux termes dans les médias israéliens est "Hamastan", un mot qui apparaît dans la section des nouvelles "sûres", la partie sacrée des journaux qui se vante de relater les faits, libre de toute subjectivité.

Le même s’applique à des mouvements comme le Hamas ou le Hezbollah, qui sont décrits en hébreu comme des organisations et non comme des mouvements politiques, ou partis. On ne donne jamais au mot "Intifada" son sens arabe de "révolte, soulèvement" ; et Al-Quds, qui, lorsqu’il est utilisé par les politiciens palestiniens, fait référence aux "lieux saints de Jérusalem Est", ou "Jérusalem Est", est toujours utiliser par les correspondants pour parler de "Jérusalem", pour impliquer la détermination palestinienne à s’emparer de la ville toute entière comme capitale.

Ce fut curieux d’observer les réponses des journaux à l’assassinat d’Imad Moughniyeh, en Syrie, il y a deux semaines.

Chacun a cherché à surpasser tous les autres dans les qualificatifs : archi-terroriste, maître terroriste, ou le plus grand terroriste sur terre. Il a fallu quelques jours à la presse israélienne pour qu’elle arrête de célébrer les assassins de Moughniyeh et pour commencer à faire ce qu’elle aurait dû faire en premier lieu : se poser la question des conséquences de l’assassinat.

Le journaliste Gideon Levy pense que c’est une tendance israélienne : "La liste des ’chefs terroristes’ liquidés par Israël, de Ali Salameh à Abu Jihad en passant par Abbas Musawi et Yihyeh Ayash à Sheikh Ahmed Yassin et Abdel Aziz Rantisi (toutes ’opérations’ qui nous célébrons en grande pompe pendant un moment délicieux et enivrant), n’ont apporté que plus d’attaques vengeresses dures et douloureuses contre Israël et les Juifs de par le monde."

Les correspondants israéliens pour les affaires arabes doivent bien sûr parler arabe – beaucoup d’entre eux l’ont appris dans des écoles de l’administration de la sécurité – et ils doivent connaître l’histoire et la politique du Moyen Orient. Et ils doivent être Juifs.

Les médias israéliens juifs préfèrent embaucher des journalistes qui parlent moyennement l’arabe plutôt que ceux dont c’est la langue maternelle, puisqu’ils seraient des citoyens palestiniens d’Israël. Apparemment, les journalistes juifs sont mieux équipés que les Arabes israéliens pour expliquer "ce que pensent les Arabes", les "objectifs des Arabes" ou "ce que disent les Arabes". Peut-être parce que les rédacteurs savent ce que leur public veut entendre. Ou, plus important encore, ce que le public israélien ne préfère pas entendre.

Si les mots "occupation", "apartheid" et "racisme" (sans parler de "citoyens palestiniens d’Israël", "bantoustans", "nettoyage ethnique" et "Nakba") sont absents du discours israélien, les citoyens israéliens peuvent passer toute leur vie sans savoir avec quoi ils ont vécu.

Prenez le mot "racisme" (Giz’anut en hébreu). Si le parlement israélien légifère que 13% des terres du pays ne peuvent être vendues qu’à des Juifs, alors c’est un parlement raciste. Si en 60 ans le pays n’a eu qu’un ministre arabe, alors Israël a eu des gouvernements racistes. Si en 60 ans de manifestations, les balles caoutchouc-acier et réelles n’ont été utilisées que contre les manifestants arabes, alors Israël a une police raciste. Si 75% des Israéliens admettent qu’ils refuseraient d’avoir un voisin arabe, alors c’est une société raciste.

Mais en ne reconnaissant pas qu’Israël est un endroit où le racisme dessine les relations entre les Juifs et les Arabes, les Juifs israéliens se rendent eux-mêmes incapables de traiter le problème, ou même de regarder en face la réalité de leurs propres vies.

Le même déni de réalité se retrouve dans l’évitement du terme "apartheid". A cause de son association avec l’Afrique du Sud blanche, les Israéliens rechignent à utiliser ce mot. Ce qui ne veut pas dire que c’est exactement le même type de régime qui a cours dans les Territoires Occupés aujourd’hui.

Mais un pays n’a pas besoin de bancs "pour blancs seulement" pour être un Etat d’apartheid. L’apartheid, après tout, signifie "séparation" et si, dans les Territoires Occupés, les colons ont une route et que les Palestiniens doivent en utiliser d’autres ou des tunnels, alors c’est un réseau routier d’apartheid.

Si le mur de séparation, construit sur des milliers de dunams de terres de Cisjordanie confisquées, sépare les gens (dont les Palestiniens entre eux), alors c’est un mur d’apartheid. Si dans les Territoires Occupés deux systèmes juridiques sont en vigueur, un pour les colons juifs et l’autre pour les Palestiniens, alors c’est une justice d’apartheid.

Et puis il y a les Territoires Occupés eux-mêmes. Cela peut paraître extraordinaire, mais il n’y a pas de "Territoires Occupés" en Israël. Le terme est quelquefois employé par un homme politique ou un éditorialiste de gauche, mais dans la section des faits "sûrs", il n’existe pas. Par le passé, on les appelait "Territoires administrés", de manière à cacher la réalité de l’occupation ; ensuite, ils ont été appelés "Judée et Samarie" ; mais aujourd’hui, dans les médias israéliens de masse, ils sont appelés "Les Territoires" (Ha-Shtachim).

Le terme aide à préserver la notion que les Juifs sont les victimes, le peuple qui n’agit qu’en légitime défense, la moitié morale de l’équation, et les Palestiniens sont les agresseurs, les sales types, les gens qui combattent sans raison. Un exemple très simple l’explique : "Un citoyen des Territoires a été pris en train de faire de la contrebande d’armes." On peut comprendre que des citoyens d’un territoire occupé résistent à l’occupant, mais cela n’a plus de sens s’ils viennent juste "des Territoires".

Les journalistes israéliens ne sont pas incorporés dans l’administration sécuritaire, et on ne leur a pas demandé de faire plaisir à leurs auditeurs en ce qui concerne la politique militaire d’Israël. C’est volontairement, presque de manière inconsciente, qu’ils observent des restrictions – ce qui rend leurs pratiques encore plus dangereuses.

Pourtant, la majorité des Israéliens trouvent que leurs médias sont trop à gauche, pas assez patriotes, pas du côté d’Israël. Et les médias étrangers sont pires. Pendant le premier Intifada, Avraham Hirschson, le Ministre des Finances de l’époque, a demandé que les antennes CNN d’Israël soient fermées, parce que c’étaient "des émissions partisanes et des programmes tendancieux qui ne sont rien d’autres qu’une campagne d’incitation contre Israël".

Des manifestants israéliens ont demandé la fin de "la couverture peu fiable et génératrice de terreur de CNN" au profit de Fox News. Les Israéliens, jusqu’à 50 ans, doivent faire un mois de service militaire de réserve par an. "Un civil est un soldat pendant ses 11 mois de permission", a dit Yigael Yadin, ancien Chef d’état-major israélien. Pour les médias israéliens, il n’y a aucune permission.

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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 15:52



Dans cette nouvelle guerre qui embrase le Proche-Orient, le plus effrayant n’est pas la violence déchaînée par l’Etat hébreu : c’est l’incroyable indulgence dont elle bénéficie. Qu’après plusieurs semaines de féroces bombardements perpétrés sur un petit pays aucune instance internationale n’ait appelé à un cessez-le-feu est consternant : ni le G8, ni l’ONU, ni l’Union européenne n’a été capable de cette décision de simple bon sens. Est-ce le signe que nous entrons dans une ère nouvelle ? Aucun conflit armé entre deux Etats ne s’était traduit, jusqu’à présent, par une impuissance aussi flagrante de la communauté internationale. Or cette impuissance est d’autant plus choquante qu’elle est volontaire : elle résulte, en fait, de la volonté d’un seul membre de cette communauté internationale, les Etats-Unis d’Amérique.

Paralysée par le veto américain en faveur d’Israël, toute initiative internationale semble donc devoir passer sous les fourches caudines de l’hyperpuissance. En germe depuis la disparition de l’Union soviétique, cette profonde asymétrie de la scène mondiale éclate au grand jour. Elle libère, du coup, les énergies dévastatrices d’un Etat d’Israël dont les dirigeants ont abdiqué toute volonté de négociation. L’administration Bush a achevé le processus engagé avec la victoire de Ronald Reagan en 1980 : la montée en puissance d’un néo-impérialisme qui n’hésite pas à recourir « préventivement » à la force. Le gouvernement Olmert, de son côté, a achevé le processus entamé au lendemain de l’assassinat d’Itzhak Rabin en 1995 : la destruction systématique de toute opposition, armée ou non, aux ambitions d’Israël.

La nouvelle guerre de l’Etat hébreu contre le Hezbollah reproduit cette profonde asymétrie de l’ordre international. C’est une guerre où le déséquilibre des forces est gigantesque. L’Etat d’Israël dispose d’une force militaire colossale, quasiment invaincue sur les théâtres d’opérations du Proche-Orient, et alimentée en permanence par les transferts technologiques en provenance de son puissant protecteur américain. Le Hezbollah, lui, est un parti politique minoritaire libanais qui dispose d’une milice dépourvue d’encadrement militaire et d’armement lourd.

La dramaturgie orchestrée autour des roquettes lâchées sur Israël est un écran de fumée dont on voit bien qu’elle profite aux deux belligérants : elle permet au Hezbollah de défier Israël et à Israël de jouer la comédie de l’agresseur agressé. En réalité ce sont des pétards mouillés qui n’ont heureusement fait qu’une dizaine de victimes civiles en Israël, alors qu’un millier de Libanais ont déjà péri sous les bombes de « Tsahal ». Le parallèle médiatique entre bombardements israéliens et tirs de Katioucha, par lequel les médias dominants croient sans doute témoigner de leur objectivité, est grotesque. On a beau leur consacrer le même temps télévisuel, le déséquilibre des pertes civiles est énorme : à l’image de cette guerre profondément asymétrique entre le fort et le faible où le fort bénéficie, en outre, de l’appui massif de l’hyperpuissance mondiale.

Tout se passe, en fait, comme si les dirigeants israéliens avaient oublié pour de bon toute dimension politique. Fascinés par leur propre puissance militaire (il est frappant de voir comme ils s’en gargarisent), ils oublient que leur courageuse aviation n’a tué jusqu’à présent que des civils (lors des combats terrestres, en revanche, le bilan des opérations est nettement moins glorieux). Pourtant, cette rage destructrice ne les empêche pas d’inviter les Libanais à se ranger à leurs côtés contre le Hezbollah. A croire que la vertu pédagogique des bombardements, même ponctuée de lâchers de tracts, a ses limites : un récent sondage indique que 86 % des Libanais soutiennent la résistance islamique. Il y a peu de chance, par conséquent, qu’Israël parvienne à rééditer son exploit de 1982, où il avait fait élire un président phalangiste après avoir assiégé et bombardé Beyrouth durant trois mois, tuant au passage 15 000 civils.

L’avantage militaire (tout relatif) ne préjuge donc pas nécessairement de la victoire politique. Et le Hezbollah, sur ce plan, dispose d’atouts indéniables : sa solide implantation au sein de la communauté chiite libanaise, le soutien qu’il a obtenu de la part des autres forces politiques dans le pays, sans parler de ses relations privilégiées avec l’Iran et la Syrie, sur lesquelles de nombreux commentateurs semblent faire une véritable fixation obsessionnelle. Pour comprendre l’importance du Hezbollah, il suffit pourtant d’aller au Liban, au lieu d’imaginer de sombres complots syro-iraniens pour la domination du Moyen-Orient. La force du Hezbollah, c’est le soutien du peuple libanais. Et si tel n’est pas le cas, on se demande bien pourquoi Israël aujourd’hui s’acharne à détruire le Liban tout entier.

De même qu’elle soude psychologiquement les Libanais autour du Hezbollah, la nouvelle invasion israélienne a paradoxalement pour effet d’en montrer l’utilité militaire. Si les infrastructures de la résistance islamique sont écrasées dans le sud du pays, qui s’opposera à la marche des blindés israéliens vers Beyrouth ? Le patriarche maronite et la famille Hariri ? Sûrement pas. Encore confuse il y a trois semaines, l’idée que le Hezbollah constitue un rempart contre Israël s’impose désormais avec l’évidence d’une force matérielle : si le Hezbollah cède, il n’y a plus de Liban, mais un nouveau bantoustan israélien.

Il est clair que l’Etat hébreu est déterminé à éradiquer la résistance islamique, au Liban comme en Palestine. En témoigne la brutalité de l’agression contre le Liban, mais aussi la sauvagerie des attaques lancées simultanément contre Gaza. Dans les deux cas, c’est la même méthode : des bombardements répétés pour terroriser la population et la mettre à genoux. Puis l’assassinat des responsables politiques, pour décapiter la résistance, interdire toute issue négociée, fermer définitivement la porte à un règlement au fond. Politique évidemment à courte vue, suicidaire à long terme, mais qui a pour elle les vertus de l’efficacité tant qu’on est incontestablement le plus fort.

Particulièrement éclairante, à cet égard, est la genèse de la crise actuelle. Qui peut croire un seul instant que l’offensive contre le Liban est la simple réplique à l’enlèvement de deux soldats par les miliciens du Hezbollah ? Comment se fait-il que la riposte ait été aussi brutale et aussi indiscriminée, frappant d’emblée la totalité du territoire libanais ? Pourquoi Israël refuse-t-il obstinément tout cessez-le-feu et tout échange de prisonniers ? Simple prétexte, le double enlèvement du 12 juillet fournit aux dirigeants israéliens, en effet, l’occasion rêvée d’une nouvelle guerre israélo-arabe dont le bénéfice pourrait être multiple.

Le bénéfice immédiat en serait l’élimination du Hezbollah. Pas seulement parce que la Galilée est à portée de ses roquettes. Mais surtout parce que cette présence armée est un obstacle à la domination du Liban. Une fois neutralisée la résistance islamique, le Liban pourra retrouver son statut d’Etat-tampon, sans véritable souveraineté, ni cohésion nationale, ni force militaire. Israël ne saurait tolérer à sa frontière nord qu’un Etat fantoche : c’est la raison pour laquelle, depuis trente ans, il a systématiquement violé son espace aérien et ses eaux territoriales, expédié les tueurs du Mossad pour y perpétrer d’innombrables assassinats, détruit sa flotte aérienne civile, envahi son territoire en 1978 et même poussé son offensive militaire en 1982 jusqu’à Beyrouth.

Envahi, occupé et bombardé sans relâche durant des décennies, le Liban n’a vu le départ des troupes israéliennes du sud du pays qu’en 2000. Cette victoire tardive, il la doit au Hezbollah, qui a harcelé l’occupant pendant vingt ans, tuant 900 de ses soldats et le contraignant à un retrait unilatéral. La violente attaque israélienne engagée le 12 juillet a donc toutes les caractéristiques d’un règlement de comptes. Mais il est possible que l’Etat hébreu veuille aller plus loin, et cette perspective est on ne peut plus inquiétante. Car les Israéliens ne sont pas seuls, et leur initiative s’inscrit probablement dans un plan d’ensemble. La caution américaine apportée à l’agression israélienne est si grossière, en effet, qu’on ne saurait écarter cette hypothèse.

Que les dirigeants américains pérorent avec emphase sur la « démocratisation » du Moyen-Orient au moment où l’aviation israélienne procède à la destruction systématique du Liban est d’une confondante absurdité. Mais l’axe américano-israélien suit une logique de la force qui défie la force de la logique. Empêtrée dans l’infernal bourbier irakien, l’administration Bush est d’autant plus à la recherche d’une porte de sortie qu’elle doit aussi relever le défi du nucléaire iranien sans perdre la face. La tentation est grande, chez les faucons de Washington, d’effectuer une fracassante sortie « par le haut » en poussant à l’extension du conflit israélo-libanais pour justifier des frappes aériennes contre la République islamique. Les néo-conservateurs, dans la presse américaine, piaffent d’impatience et ne cessent d’argumenter en ce sens, estimant que l’occasion est trop belle pour régler son compte, simultanément, au Hezbollah et à ses bailleurs de fonds iraniens.

La stupéfiante indulgence accordée à l’Etat hébreu nous aura alors bel et bien conduits à la catastrophe.

 

Bruno Guigue

Diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA

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Lundi 14 avril 2008 1 14 /04 /Avr /2008 15:48


Mais oui, le lobby sioniste existe. La preuve par Obama, après la preuve par Sarkozy en mai 2007.

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.

Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : « L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ». Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?

Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : « A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes ».

Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le « relativisme culturel » ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.

Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des « Etats voyous ». Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.

S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.

C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. « Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain ».

Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait « anéantir la liberté d’expression » ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent « la mise à mort de l’universalité des droits » par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.

En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’« énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman ». Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.

Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par « Le Monde » auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : « La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion ». Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.

Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution «  sur la lutte contre la diffamation des religions ». Ce texte nuancé insiste sur « le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions ». Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.

Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la « guerre contre le terrorisme » menée tambour battant par Washington. « Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001 ».

L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne « a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction ».

Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.

C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. «  Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël ».

Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par « Le Monde » mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.

Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent « son silence et sa passivité », qu’elle aurait justifiés par « le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes ».

« Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante ». On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se « soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante ». Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir « son espace vital, de la mer au Jourdain », selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002.

« Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte », philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une « shoah » contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé « de la parole à l’acte ».

Mais le meilleur a été gardé pour la fin. « Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes.

« Retour de Dieu en politique », disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? « Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs ». Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.

Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : « C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin ». Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : «  Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif ». Au moins, c’est limpide.

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, « c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.

A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !

A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans « Le Monde » du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de «  défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou ». On y lit que « depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident ». Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par « Le Monde » : « l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste ». Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.

 

Bruno Guigue

Diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA

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