LA FRANCE QUI BRULE

Publié le par BADREDDINE IMAD

 

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Il y a une semaine sur France2, chaîne publique française, à l’émission
«Tout le monde en parle», Thierry Ardisson, présentateur vedette, nous
faisait découvrir son invité de marque en la personne de Salman Rushdie
qui venait y faire la promotion de son dernier livre. Une altercation
verbale l’opposa alors à un autre invité en la personne de Samy Naceri
héros du film culte Taxi Driver I et II . Celui-ci bien qu’apolitique,
ne pu s’empêcher de reprocher à Salman Rushdie d’insulter en permanence
la religion d’1 milliard d’individus par l’intermédiaire des médias
occidentaux. Il fallut l’intervention de Thierry Ardisson, en pompier
pyromane, pour calmer les esprits au nom d’une certaine idée de la
liberté d’expression chère à la France. Sur ce même plateau fût invité
quelques semaines auparavant un Guillaume Soro arrogant qui venait
promouvoir une certaine idée de la rébellion avec son livre intitulé
«Pourquoi je suis devenu rebelle» écrit et financé par RFI.


Arrogance et mépris pour l’islam

Et pourtant au nom de cette haute idée de la liberté d’informer, la
chaîne libanaise Al Manar fut interdite en France pour son militantisme
anti-sioniste, Dieudonné célèbre comique pourtant aimé des Français
sera voué aux gémonies par les médias français pour avoir osé
caricaturer Israël et même l’Abbé Pierre fut interdit d’antenne pour
avoir osé marcher aux cotés des palestiniens en Palestine. Dans le même
contexte Tayssir Zaïtouni grand reporter d’Aljazira était condamné en
Espagne à 7 années de prison pour prétendue intelligence avec le reseau
Al Qaïda, sans que cela n’émeuve les défenseurs des droits de la presse
comme RSF.
Récemment encore, un ministre britannique a brandi le Coran sacré en
affirmant : "tant
que les musulmans lisent ce livre, le monde ira à sa perte" évoquant
certainement «the word according to him», le monde à l’image qu’il s’en
fait.
Il y a déja quelques années, dans le magazine Entrevue, à la question
que pensez vous du Coran, le célèbre comédien français Jean Reno
affirmait sans sourciller que c’est le seul livre qui soit passé
directement de sa main à la poubelle. Parions que de tels propos tenus
à l’encontre de la Bible ou de la Torah aurait provoqué un tollé
général.
Mépris, arrogance, insuffisance, voilà la réponse occidentale au
dialogue des cultures.

Désacralisation de la religion et de la famille

Ainsi, pendant que la France mène une guerre de basse intensité contre
ses islamistes banlieusards, arrêtant et humiliant à tour de rôle
d’honnêtes citoyens français au nom de la lutte «mondiale» contre le
terrorisme, elle envoie son armée combattre les Talibans aux côtés
d’une coalition occidentale et ceci sous le porte étendard de la lutte
pour la «liberté» de la femme musulmane «soumise» et «esclave». Pendant
ce temps en France, elle interdit aux femmes musulmanes françaises
jusqu'à la simple expression de leur religion.
Le voile devient un enjeu majeur et les jeunes filles insoumises sont
exclues de l’école car leurs modes vestimentaires ne seraient pas
conformes à l’idée d’une soudaine «laïcité» qu’on veut imposer à coup
de décret et de lois sans considération pour des cultures d’origine
fortement religieuses. Même un simple chignon devient un signe
ostentatoire religieux. Pendant ce temps, piercing, cheveux décolorés,
micro jupes provocantes deviennent une mode vestimentaire plus
qu’acceptable.

Il est étonnant de voir des hommes politiques affirmer avec force que
ceux qui viennent en France doivent adopter les us et coutumes
françaises si tant est qu’il en reste encore, alors que la France
envoie des troupes en Orient depuis des siècles pour asservir de gré ou
de force des civilisations millénaires et combien plus riches que la
sienne. Contrairement à ses propres idéaux galvaudés, l’Occident refuse
de s’adapter aux civilisations qu’il rencontre et ne cherche qu’à les
convertir à une société marchande de consommation sans frein.

Chaque peuple non européen, nourrit, aux yeux d’une intelligentsia
occidentale volontairement myope et servile, les fantasmes qui
justifient son anéantissement culturel.
À l’intérieur même de la société française, la famille n’existe plus
que de nom tant les valeurs qui s’y rattachent sont délibérément
désacralisées par un fort courant libéral où l’individualisme et
l’égoïsme deviennent les éléments les plus visibles d’une
déstructuration organisée et fortement médiatisée. Ici encore les
médias jouent un rôle moteur écrasant de quolibets et de dénigrements
tout ce qui pourrait arrêter la marche du «progrès».

On assiste ainsi à une montée en puissance du courant homosexuel avec
défilés grandioses à Paris et dans toutes les capitales occidentales.
L’ouverture récente d’une chaîne ouvertement homosexuel, Pink TV
reflète bien cette tendance. Des couples homos vont jusqu'à réclamer le
droit à l’adoption de bébés pour « fonder une famille » déniant à ces
enfants le droit à connaître l’amour maternel si important pour leur
future stabilité mentale. Au niveau politique, la France, ses hommes
politiques et ses médias ne cessent de se soumettre à la célébration
quasi permanente de la « Shoa » et de son rituel d’excuses, de pardons
et de décaissements financiers sans fin. Que se passera-t-il lorsque
les indiens ou les noirs d’Amérique feront de même. On l’a vu récemment
à Durban. L’Occident tout entier fit bloc autour d’Israël. Une culture
de la honte s’est mise en place en Occident pour enrichir et perpétuer
la domination de l’état Juif. L’Europe et la France en tête expient
ainsi leurs fautes à longueur d’années à coup d’euros et de mémoriaux.

Un Guantanamo mental

Pendant ce temps, les autres peuples et les immigrés d’Occident
regardent et ruminent leurs colères. Oubliés, l’anéantissement du
peuple palestinien et le démembrement toujours en marche du
Moyen-Orient, qui avaient commencé depuis la chute de l’empire Ottoman.
Hier, c’était la guerre d’Algérie, du Vietnam, les guerres de
décolonisation oubliées du Cameroun, de Madagascar. Aujourd’hui, la
France et l’Occident s’arrogent le droit à la propriété même de la
science nucléaire, occupent l’Afghanistan, menacent le Liban, la Syrie
et l’Iran, après avoir finit de démembrer l’Irak et avalisé le génocide
palestinien. Le monde arabo-musulman composé d’ 1 milliard d’habitants
ne compte pas plus politiquement que la petite Belgique au sein d’une
hypocrite «communauté internationale» composé de 3 à 4 pays seulement
et qui a même la prétention de vouloir contrôler la course des planètes
de notre univers.

Inutile de s’appesantir sur le cas ivoirien qui finalement est un des
chaînons grippés dans cette chaine d’asservissement que les occidentaux
veulent mettre en place sur la planète, chacun dans sa zone d’influence
stratégique.


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L’Onu est ainsi devenu l’instrument privilégié de domination d’un
occident arrogant, sûr de sa supériorité militaire. Des occidentaux qui
s’arrogent le droit d’édicter les règles de conduites politiques,
économiques et culturels des nations et qui ne voient pas qu’ils
entraînent l’humanité à sa perte. Le mode de vie à l’occidental est
lui-même en question car la terre qui déchaîne ses éléments (ouragan,
Tsunami, tremblements de terre, inondation, sécheresse…) démontre ainsi
qu’elle-même ne peut plus supporter indéfiniment une exploitation à
outrance, un viol de l’ordre naturel des choses.

À force de criminaliser l'Islam, de promouvoir une fausse laïcité,
l'homosexualité, la désintégration de la famille, la société française
a fini par faire sauter la marmite qui bouillonnait dans l’esprit de
millions de Français d’origine musulmane qui vivent certaines attitudes
de la société française comme une agression permanente contre la
culture hérité de leurs parents. Ce qui se passe aujourd’hui en France,
et sûrement demain dans d’autres villes occidentales, est loin d'être
un simple problème de délinquance comme semble vouloir le laisser
croire les médias, c’est une guerre des cultures et des civilisations
qui se révèle ainsi en plein cœur du monde Occidental. Elle n’est qu’à
ses débuts et elle ne prendra fin que lorsque l’injustice et
l’arbitraire prendront fin, lorsque les Occidentaux comprendront que
leur soutien inconditionnel à Israël et à certains régimes
arabo-musulmans honnis mènera au mieux à une guerre des civilisations
sans fin avec des conséquences dévastatrices pour la planète. Elle ne
prendra fin que lorsqu’ils remettront en cause l’essence même de leurs
richesses c’est-à-dire leurs sociétés de consommation à outrance qui
consument le monde à petit feu et qui bouleversent les équilibres
précaires de la nature et des hommes.

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Il est évident que dans la crise actuelle des banlieues de France, le
chômage est un facteur de révolte quantifiable mais celle-ci se nourrit
d’une réflexion politique, donc d’une révolte pensée, beaucoup plus
large qu’on veut l’admettre. Il est aussi évident qu’une certaine
délinquance s’est greffée à cette révolte. Cependant il faut admettre
que dans les banlieues du confinement, le jeune fils d’immigré vit son
exclusion comme la continuation mentale de la colonisation du pays
d’origine de ses parents. Il vit cette exclusion comme faisant partie
d’une guerre multidimensionnelle d’où le salut ne viendrait que d’un
reniement de la culture de ses pères, que d’une soumission aux
désordres établis. La banlieue peut être vécue à l’extrême comme un
Guantanamo mental et l’immigré ressent dans sa chair, et plus qu’on ne
l’imagine, toutes les souffrances qu’endurent les prisonniers musulmans
dans les camps d’internement américains. L’immigrant doit se fondre
dans le moule et s’écraser, même si ce moule ne l’accepte pas, ou vivre
dans la révolte et le dénuement.

Le retour du bâton ivoirien

Aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler la crise française nous
ramène au drame ivoirien quoiqu’on dise, a une influence latente,
silencieuse sur les évènements : «puisque nos médias ont fait
l’apologie de la rébellion et que celle-ci a obtenu une reconnaissance
de ses revendications par notre propre gouvernement, pourquoi cela ne
nous réussirait pas ici ?» pourrait se dire un jeune de la Banlieue.
La France et ses médias ont stigmatisé les maux de la Cote d’Ivoire, y
ont glorifié la rébellion et aujourd’hui, ceux-ci prennent en pleine
figure ce qu’ils ont semé. Rejet de l’autorité de l’état, xénophobie,
racisme, exclusion, répression, tous les maux repris en boucle et
galvaudés pendant 3 longues années sur la Cote d'Ivoire par une France
nombriliste et arrogante s’affichent aujourd’hui au cœur même de
l’Hexagone. Les Français les découvrent maintenant, dans un réveil
douloureux, avec force et acuité. Certains médias parlent déjà
ouvertement d’actes de rébellions armées qui nécessiteront
l’intervention de la troupe alors que l’état d’urgence vient d’être
proclamé et des couvre-feux instaurés.

Afin de rattraper cette histoire ivoirienne de la guerre écrite de
l’étranger, il serait cohérent d’appliquer une réciprocité dans les
relations franco-ivoiriennes car les deux pays ont en commun un pacte
de défense militaire.
Il faudrait ainsi que le président Gbagbo envoie son premier ministre
aider à régler ce qu’il est convenu d’appeler la crise française. Il
faudrait demander l’interdiction des vols d’hélicoptères au-dessus des
banlieues comme c’est le cas actuellement et envisager même la saisine
du conseil de sécurité pour garantir la sécurité des populations
d’origine étrangère. Il faut exiger la révision de la constitution
française pour introduire, entre autres, l’islamo- phobie comme un
délit. Un juste équilibre de l’information par le recrutement massif de
jeunes diplômés dans les medias français fera partie des solutions
proposées. Tous les maux dont souffre la société française, devraient
être revus et analysés par des experts en droit notamment ivoiriens.
Zambakro me semble un bon endroit pour convenir d’une table ronde en ce
sens…

Les journalistes ivoiriens ne devraient pas être en reste et devraient
plutôt, au nom d’une certaine équité, se précipiter pour couvrir les
évènements et offrir un autre regard extérieur sur les justes
revendications des «banlieusards» de France. Ainsi l’histoire, par un
inattendu retour du bâton, est en train de se réécrire, et nous offre
un angle nouveau de lecture sur la crise ivoiro-française lié au
soutien affiché de Paris à la rébellion.

«… Est-ce qu’il y a quelqu’un autour qui comprend le mauvais français,
le Musulman, sous la course des planètes ce serait bien qu’il
s’inquiète avant que ses paupières n’explosent…(…)» chantait déjà
Francis Cabrel dans «Saïd et Mohamed».

Abass Al Hussein


Publié dans Politique

Commenter cet article

voyance par mail gratuit 03/03/2017 10:28

Tu touches un point sensible là en effet je pense aussi que c’est un manque de confiance en moi.

hassan 13/12/2005 09:17

bien dit