Françafrique

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Que se passe-t-il donc en Côte d’Ivoire ?

A la suite du RWANDA, du BURUNDI, de la RDC (République Démocratique du Congo) , de la République Centrafricaine, du Sud Soudan et du DARFOUR, pour ne citer que les points les plus chauds du continent noir, la Côte d’Ivoire, vitrine de la présence française en Afrique, occupe aujourd’hui la une des média internationaux. Le « pays d’HOUPHOUËT BOIGNY », vient à son tour de dire adieu au cercle très fermé des pays africains qui ne connaissent pas officiellement de crise politique, économique ou culturelle majeure en leur sein.

 

Ceux qui n’ont pas voulu voir arriver cette crise jouent les effarouchés. Que se passe-t-il donc en Côte d’Ivoire ?
Un examen attentif révèle qu’il y a dans ce pays, non pas une crise, mais deux crises imbriquées, l’une alimentant l’autre ou mieux, l’une étant la cause de l’autre.
La première crise, ivoiro-ivoirienne
La première crise, ivoiro-ivoirienne, était déjà prévisible du temps d’HOUPHOUËT BOIGNY, premier président du pays, mort au pouvoir au bout d’un long règne sans partage de 33 ans, c’est-à-dire depuis l’accession à l’indépendance du pays en 1960 jusqu’en 1993. Cette crise ivoiro-ivoirienne qui couvait sous la braise pendant le long règne d’HOUPHOUËT BOIGNY, n’a fait qu’éclater au grand jour, à la face du monde entier. Cet aspect de la crise ivoirienne est, si l’on peut dire, un classique dans les pays africains, surtout ceux du prétendu pré-carré français.

Félix HOUPHOUËT BOIGNY - 18.5 ko
Félix HOUPHOUËT BOIGNY

Ce classique africain peut être formulé de la manière suivante : des hommes politiques africains, prétendument nationalistes, en réalité des pions ou des complices conscients, ont été propulsés pendant la période dite « de la guerre froide » à la tête des anciennes colonies européennes et françaises en particulier sur le continent noir, à la suite de manoeuvres de toutes sortes - intimidations, assassinats de véritables nationalistes, guerres coloniales - orchestrées par la puissance étrangère colonisatrice dans le but de préserver ses intérêts économiques jugés menacés par l’avènement de nationalistes dans l’espace politique africain. Cette crise fait apparaître un ensemble d’acteurs représentés par les ténors traditionnels de la scène politique ivoirienne que sont le PDCI-RDA, le parti d’HOUPHOUËT-BOIGNY, le FPI du Président Laurent GBAGBO aujourd’hui au pouvoir, le RDR de M. Alassane DRAHMANE OUATTARA, ancien Premier Ministre du Président HOUPHOUËT-BOIGNY. Dans cet environnement s’est invité un acteur d’un type nouveau qui se fait appeler aujourd’hui « Les Forces Nouvelles ». A l’origine, ces individus portaient leur nom naturel : les rebelles. Il s’agit d’un conglomérat d’individus qui semblent être unis par le seul fait qu’ils portent des armes d’origine inconnue leur permettant de combattre depuis septembre 2002 le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire dirigé par le Président Laurent GBAGBO. Si leur programme politique n’a jamais été exposé publiquement, l’on connaît au moins leur exigence principale : le départ du Président Laurent GBAGBO. Ils ne cessent d’appeler, chaque fois que les média occidentaux leur en donnent l’occasion, la France à les aider à se débarrasser du Président au pouvoir.


L’on peut affirmer que tout ce beau monde se dispute l’héritage ou la succession du feu HOUPHOUËT-BOIGNY et ne manque pas, au besoin, d’utiliser tous les « coups possibles » pour en écarter l’adversaire. Dans le système hégémonique de la mondialisation et de la « françafrique », les présidents des Républiques nègres d’Afrique exercent-ils un réel pouvoir ?
Toujours est-il que, dans cette lutte implacable pour le pouvoir, le successeur immédiat d’HOUPHOUËT BOIGNY, Henri KONAN BEDIE, son gouvernement et tous ses intellectuels affidés se mirent à développer, sous le regard amusé de l’Occident, un concept, « l’ivoirité », sur la base duquel toute une armature juridique fut construite dans le but d’exclure de la citoyenneté ivoirienne des candidats et des électeurs gênants. Le régime de KONAN BEDIE est un allié sûr de l’Occident. Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer outre mesure de l’irruption de ce concept exotique dans l’espace politique ivoirien. D’autant plus que « l’ivoirité » épargne curieusement les Européens et ne vise que les Africains originaires des pays voisins ou les ivoiriens soupçonnés de la même origine. L’on estime généralement que le développement du concept de « l’ivoirité » fut l’acte générateur de la crise ivoiro-ivoirienne actuelle. Ce fut d’abord l’initiateur du concept, KONAN BEDIE, qui en fit les frais. Sorti de son « placard » par ses hommes de troupe pour les besoins de la cause, le général GUEYE prit la direction d’un coup d’Etat et balaya en une demi-journée le régime du successeur direct d’HOUPHOUËT BOIGNY. Dans un premier temps, le nouvel « homme fort » de Côte d’Ivoire promit de remettre le pouvoir aux civils après avoir « fait le ménage ». Finalement, l’officier supérieur se ravisa. Il organisa une élection présidentielle dont était exclu le candidat OUATTARA pour cause de « nationalité douteuse » et au terme de laquelle il se proclama vainqueur. Aussitôt Laurent GBAGBO et ses partisans descendirent dans la rue, s’estimant lésés par les résultats proclamés en faveur du général président. Le général dut battre en retraite devant cette sortie massive. C’est ainsi que l’ancien opposant Laurent GBAGBO devint le Président de Côte d’Ivoire.
La crise franco-ivoirienne
Mais cette façade de la crise en Côte d’Ivoire apparaît finalement à l’analyse comme l’écume secrétée par une autre crise plus profonde, la crise franco-ivoirienne. Celle-ci est née des vicissitudes des relations biaisées, troubles, entre la France et la Côte d’Ivoire.

Pour mieux saisir la nature de la crise franco-ivoirienne, rappelons d’abord la principale caractéristique du paysage politique africain. Celui-ci est caractérisé par la présence permanente et encombrante de la puissance « ex-colonisatrice » qui, en fonction de ses intérêts, opère des choix stratégiques notamment en plaçant sous son aile « tutélaire » certains dirigeants. Ce scénario est systématique lors des indépendances africaines au début des années 60. En françafrique, très peu de citoyens africains connaissent la véritable nature des relations que leurs Etats entretiennent avec La France, parce que ces relations d’Etat sont régies par des conventions occultes conclues hors de tout contrôle démocratique. Par ce biais, les pays africains nouvellement indépendants ont discrètement abandonné à la France des pans entiers de leur souveraineté. Les Présidents africains disposent tout juste des apparats et de l’illusion d’un pouvoir qu’ils sont pourtant censés détenir au nom du peuple. D’ailleurs il se dit généralement en Afrique que ces dirigeants politiques sont des « préfets » au service, non pas d’une République africaine, mais de la République française, ancienne puissance colonisatrice qui continue ainsi d’exercer son contrôle culturel, intellectuel, économique, politique et militaire sur ses ex-colonies. Des dirigeants comme LUMUMBA, premier Ministre du Congo (RDC) nouvellement indépendant ou Thomas SANKARA, jeune Président du Burkina Faso, qui voulurent exercer véritablement leur fonction, se sont attiré les pires ennuis. Nous savons aujourd’hui ce qu’il en est advenu de ces jeunes chefs de gouvernement au Congo (RDC) dans la nuit du 17 janvier 1961 ou au Burkina Faso le 15 octobre 1987 : l’élimination physique pure et simple. Cette réalité africaine, le chercheur ivoirien Pierre NANDJUI la décrit en « quatrième page » de couverture de son essai intitulé « HOUPHOUËT-BOIGNY, l’homme de la France en Afrique », L’Harmattan. L’ancien Président ivoirien y est présenté comme étant l’homme qui « s’est toujours rangé du côté de la France, contre l’unité de l’Afrique et au détriment de son propre pays... Il faut des hommes capables d’animer ces réseaux [françafricains], de les entretenir et de les activer, de les promouvoir dans le sens des intérêts français en Afrique. M. HOUPHOUËT-BOIGNY a été l’un des chefs d’Etat francophones qui a joué le mieux ce rôle ».


C’est pourquoi en Afrique dite francophone, plus précisément en « françafrique », tout rendez-vous électoral laisse toujours apparaître deux catégories d’acteurs : les acteurs politiques visibles et les intervenants invisibles. Les acteurs politiques visibles, ce sont des Africains, les Ivoiriens dans le cas d’espèce, que l’on voit s’agiter dans l’espace politique qui est le nôtre en Afrique en vue de remporter des scrutins organisés très souvent de manière biaisée.

 

Bien qu’invisibles, une deuxième catégorie d’intervenants est très présente sur la scène politique africaine. Il s’agit d’institutions, de personnalités représentant officiellement ou officieusement la République Française. Certains nationaux Africains vont parfois jusqu’à jouer sans ambiguïté ce rôle de représentants des intérêts français au grand jour. L’on s’en rend compte à l’heure des élections en Afrique : la France y est officiellement absente ; elle n’est pas partie prenante, mais sa présence hante et obsède tous les discours. Par exemple au Cameroun en décembre 1959, celui qui n’était encore que Premier Ministre et allait devenir le 1er janvier 1960 le premier Président du Cameroun indépendant, M. Ahmadou AHIDJO, donna cette réplique historique à l’ensemble des membres de son cabinet, à la suite de la proposition de M. NJINE, Vice Premier Ministre, de négocier avec l’opposition, afin d’apporter au gouvernement le soutien populaire qui lui manquait : « ceux d’entre vous qui veulent suivre NJINE Michel, n’ont plus qu’à poser leur démission. Je suis décidé à défendre la politique française au Cameroun et ceux qui ne le veulent pas sont contre moi » (Cité par David KOM, in « LE CAMEROUN Essai d’analyse économique et politique », L’Harmattan 2001, page 76). C’est en faveur de ce genre de dirigeant que la France s’est impliquée en Afrique. AHIDJO au Cameroun, HOUPHOUËT-BOIGNY en Côte d’Ivoire, tous les deux soutenus par la France, connurent au pouvoir, chacun dans son pays, une longévité digne de républiques bananières.
Et l’électeur Africain se détermine forcément en fonction de cette omniprésence française. La France intervient dans les affaires de ses anciennes colonies par le truchement de ses représentants officiels ou de ses « hommes de l’ombre », mais également de certains citoyens africains jugés « sûrs ». Aux élections de dimension nationale, la France est toujours un candidat non déclaré, mais toujours très présent.
Les Africains de tous milieux semblent avoir intégré ces conditions de gestion de la chose publique et d’exercice du pouvoir sur le Continent. Dans cet environnement, c’est avec résignation, impuissance et réalisme que tout naturellement l’éditorialiste du Messager (Cameroun) s’adresse aux hommes politiques du Continent à l’occasion d’une nième convulsion de la RDC (République Démocratique du Congo) ayant abouti à l’assassinat du président KABILA en janvier 2001. Selon Shanda TONME, « les politiciens du Continent doivent en permanence intégrer dans leurs différentes démarches, les exigences nouvelles du temps et du compromis, c’est-à-dire savoir composer, accepter une certaine marge de modération et de pondération pour se faire accepter et respecter tant soit peu par les puissants qui verront là un gage de gouvernance intelligente dans le respect de tous les intérêts... Celui qui aspire au pouvoir devrait s’entendre avec les USA, prendre en compte l’avis de la France et respecter les intérêts de tous les acteurs de l’intérieur et de l’extérieur du pays ».
Manifestement la crise franco-ivoirienne a pour origine le fait que le régime du Président GBAGBO n’a pas respecté le « sage » conseil de l’éditorialiste camerounais et surtout qu’il a voulu secouer « l’équilibre » traditionnel mis en place depuis les indépendances africaines suivant un partage léonin au profit exclusif de la France.
Ainsi va l’Afrique. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire et qui aurait pu se passer au Cameroun, au Gabon, au Togo, etc... n’est rien d’autre qu’une convulsion d’une République françafricaine qui tente de se dégager d’un carcan hégémonique dans lequel elle est enfermée. La Côte d’Ivoire, comme les autres républiques françafricaines, n’a pas eu besoin, il y a 45 ans, de combattre la colonisation pour gagner son indépendance. Celle-ci lui avait été octroyée sur la base de conditions restées jusqu’à ce jour secrètes. La République de Guinée, qui voulut une indépendance véritable, fut reléguée au rang de paria, probablement parce que la jeune république voulut jouir d’une indépendance véritable symbolisée par cette réplique historique de Sekou TOURE en 1958 : « Nous préférons la pauvreté dans la dignité à l’opulence dans l’esclavage ».

Quel observateur n’a pas eu l’impression d’assister à quelque chose qui s’était passé en Algérie ou au Cameroun dans les années 50 ? Comme en Algérie, comme au Cameroun, la France n’a jamais avoué les véritables raisons qui l’ont amenée à engager une guerre sanglante honteuse qui ne disait pas son nom. Les opérations militaires de ces interventions étaient mensongèrement qualifiées d’opérations de police, de pacification, de neutralisation, alors qu’il s’agissait de véritables opérations guerrières pour défendre un certain ordre, l’ordre colonial. D’ailleurs la France elle-même ne s’y trompe pas aujourd’hui en accordant spontanément aux rapatriés de Côte d’Ivoire, tellement les situations sont similaires, les mêmes avantages que ceux accordés aux rapatriés d’Algérie il y a plus de quarante ans. Les années passent, mais la France, fidèle à sa réputation et à ses intérêts, continue de mener ses guerres coloniales, néocoloniales rebaptisées « Opération LICORNE » pour la circonstance.


La nouveauté dans cette crise franco-ivoirienne est que la France, contrairement à ses habitudes, ne vole plus au secours du pouvoir en place. Appelée pourtant par le gouvernement légal ivoirien en vertu des fameux accords de Coopération pour aider ce dernier à se débarrasser d’une rébellion fortement armée, la France toujours seule à interpréter ces accords selon son bon vouloir, les circonstances et surtout ses intérêts, a estimé dans le cas d’espèce que la seule chose qu’il convenait de faire, c’est de stopper l’avancée des rebelles et d’organiser à Linas-Marcoussis en banlieue parisienne des pourparlers entre belligérants. Une manière objective d’accorder des lettres de noblesse à des individus dont la légitimité ne repose que sur les armes. Une véritable première en Afrique Noire.

 

Pour la première fois dans l’histoire néo-coloniale en françafrique, une intervention militaire française ne vise pas à protéger le régime en place, mais à accorder un pouvoir de négociation et une légitimité à la rébellion. Et comme le gouvernement ivoirien s’est entêté à vouloir mettre hors d’état de nuire les rebelles, alors, l’intervention militaire française s’est transformée en une équipée contre l’armée du pays et la population civile. Nous savons aujourd’hui que l’armée française n’a pas hésité, malgré les dénégations de ses officiers ou de sa ministre, à tirer sur la foule où l’on a dénombré une soixantaine de corps inanimés de jeunes ivoiriens abattus par balle sans autre forme de procès.
Une situation ubuesque et inédite dans les annales de la diplomatie internationale : une puissance étrangère, l’armée française en l’occurrence, s’est octroyée la liberté, en dehors d’une situation de guerre déclarée, en vertu d’un droit ou d’une autorité d’essence obscure dans les relations internationales, d’annihiler la flotte aérienne ivoirienne, d’occuper les abords de la résidence du chef de l’Etat ivoirien et de tirer sur la population civile comme s’il s’agissait d’une opération de police exécutée par les forces de sécurité nationales ivoiriennes. Doit-on comprendre que dorénavant, en vertu des accords secrets qui lient la France à ses anciennes colonies, tout incident menaçant les intérêts français sur le sol africain donne lieu, pour ceux qui en douteraient encore, à un déploiement de forces transformant au besoin l’ex-colonie en territoire national français ? Manifestement en Côte d’Ivoire, la France a voulu donner un signal fort à tous ceux qui auraient des velléités. Et pas un seul chef d’Etat africain n’a eu l’outrecuidance d’émettre une moindre réserve sur la réaction disproportionnée française en terre ivoirienne. Bien au contraire, tous se sont fendus en remerciements pour le rôle pacificateur de la France dans la « crise ivoirienne ». La leçon a donc été bien assimilée.
Bien évidemment, décrire ou dénoncer les relations troubles entre la France et ses anciennes colonies africaines ne revient pas nécessairement à apporter un soutien inconditionnel au Président ivoirien. Il appartient naturellement aux citoyens ivoiriens de se déterminer dans ce domaine suivant leur propre agenda. Mais il apparaît tout à fait mal venu de se joindre à l’ancienne puissance coloniale, la France, pour dénoncer le « caractère fasciste » du régime de Laurent GBAGBO. Pour quelle raison un Africain devrait-il diaboliser plus aujourd’hui, sur la base des récriminations de la France, le régime GBAGBO que celui de BEDIE, d’EYADEMA, de BONGO ou de BIYA, pour ne prendre que quelques exemples ?
Manifestement il apparaît que, malgré leur caractère dictatorial et leur niveau de corruption avérés, certains régimes du Continent noir ne font pas l’objet de la part de la France d’une publicité négative tapageuse et d’agression guerrière caractérisée comme l’a enduré la Côte d’Ivoire de Laurent GBAGBO. Parce que ces régimes amis ne menacent point le statu quo, c’est-à-dire l’ordre néocolonial en Afrique. L’ordre néocolonial, voilà le critère principal sur la base duquel un régime africain est apprécié en françafrique. A tout dirigeant africain qui ne respecte pas l’ordre néocolonial en Afrique, il lui arrive généralement malheur : assassinat ou coup d’Etat. Un véritable complot contre la race nègre depuis que l’Occident semble avoir conçu son projet de contrôler à jamais l’espace culturel, politique économique et militaire africain. En illustration de cette situation, l’on peut égrener les cas de LUMUMBA, de UM NYOBE, de MOUMIE, de BOGANDA, MURTALA MOHAMED, de Toussaint LOUVERTURE, du pasteur Martin LUTHER KING, de Thomas SANKARA etc,... tous assassinés par le rouleau compresseur occidental pour avoir eu des velléités d’indépendance et de liberté véritables de leur pays ou de leur peuple, au risque de porter atteinte aux intérêts matériels occidentaux.
Par la crise franco-ivoirienne, la Côte d’Ivoire semble avoir inauguré une ère de lutte pour le recouvrement d’une véritable indépendance, pleine et entière, alors que la politique africaine de la France continue à reposer imperturbablement sur la fameuse équation AVANT L’INDEPENDANCE = APRES L’INDEPENDANCE. L’ancienne puissance colonisatrice qui continue à tirer profit de la situation de ses ex-colonies, semble avoir été surprise par la volonté de la Côte d’Ivoire de se libérer du carcan hégémonique de la françafrique. Il s’agit là d’un coup de semonce dont la France serait bien inspirée de tenir compte.

 

L’histoire des relations internationales le rappelle amplement : de plein gré, aucun Etat au monde n’accepte d’abandonner une position de force. Cependant, il faut bien se rendre à l’évidence : les pays africains aujourd’hui sous domination étrangère malgré leur accession à la souveraineté internationale, ont fatalement vocation à imiter la Côte d’Ivoire si le corset hégémonique françafricain qui les enserre depuis les indépendances n’est pas relâché. Il appartient à la France d’anticiper ce mouvement afin qu’elle n’ait plus à utiliser ses MIG et autres mitraillettes contre la population civile africaine.
 

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