La Vérité qui rend libre

Publié le par Pr MAMADOU KOULIBALY

Décryptage - S’appuyant sur le dernier le message du Pape Benoît XVI du 1er 2006, le Pr. Mamadou Koulibaly démontre que la volonté première de la France chiraquienne et de son allié l’ONU est d’humilier la Côte d’Ivoire et partant le reste de l’Afrique.Le Nonce apostolique, doyen du corps diplomatique en Côte d’Ivoire, vient de faire parvenir à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, une copie du message que le Pape Benoît XVI a adressé au monde le 1er janvier 2006 pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix. Le message du Pape cette année porte sur le thème de la Vérité de la Paix. La paix dans la vérité. Dans la vérité, la paix. Dans ce texte important qui permet au Pape d’adresser ses vœux affectueux à tous les hommes et à toutes les femmes du monde, Benoît XVI, dans la tradition de la doctrine sociale de l’Eglise « exprime la conviction que, là où l’homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité et quand il le fait, il entreprend presque naturellement le chemin de la paix ».Jacques Chirac, le Président de la République française, depuis maintenant cinq ans, dans la pure tradition coloniale de son pays, essaye d’imposer la paix Elyséenne à la République de Côte d’Ivoire qui est pourtant, théoriquement indépendante depuis 1960. Dans son obstination à protéger le pacte colonial signé entre 1959 et 1961 par le Général de Gaulle et Houphouët Boigny, le Chef de l’Etat français ne cesse d’humilier – ou de tenter de le faire – l’Afrique, la Côte d’Ivoire, son peuple et ses autorités légales. Chirac est devenu le bourreau du calvaire des ivoiriens, le suppôt du colonialisme autoritaire français et l’assassin des libertés en Afrique comme à la triste époque du stalinisme derrière le rideau de fer. Dans son mode de fonctionnement, Chirac adore humilier les peuples qu’il souhaite soumettre par la force des armes. L’humiliation est un sentiment moral. Et, pour citer Aleya El Bindari-Hammad, ancienne, Directeur Général Adjoint de l’OMS « l’humiliation est l’une des émotions les plus puissantes ; un psychologue l’a même qualifiée de « Bombe Nucléaire des sentiments ». Elle peut déclencher une réaction aussi minime que de faire couler une larme ou aussi tragique que de provoquer des actes de nature à réorienter l’histoire mondiale. Ceux qui vivent dans une situation où leur dignité est constamment bafouée peuvent réagir soit en se repliant sur eux-mêmes, soit en coalisant leur colère dans une action visant à changer l’état des choses, soit en faisant l’erreur de croire qu’ils trouveront un soulagement en se vengeant de façon violente ».Les manifestations violentes qui ont suivi le dernier communiqué du GTI (Groupe de Travail International) selon lequel cette instance informelle tentait d’imposer des oukases au peuple de Côte d’Ivoire relèvent purement et simplement des conséquences de cette humiliation. Les propos tenus par la suite par Pierre Schori et par le Général Fall, respectivement le chef civil et le Chef militaire des casques bleus de l’Onu en Côte d’Ivoire, sournoisement, tendent de faire accepter l’idée que c’est parce qu’il ne s’agissait que de bandes de désoeuvrés qui s’ennuyaient et qui se sont attaquées à l’Onuci, sur la base de fausses rumeurs de dissolution de l’Assemblée nationale, que les casques bleus ont été obligés d’ouvrir le feu, à balles réelles pour tuer de nombreux patriotes. Schori et Fall en se faisant complices de la France au sein du GTI, participent à cette humiliation des ivoiriens. Pourtant, toutes ces personnalités prétendent être venues en Côte d’Ivoire pour nous aider à construire la paix. Kofi Annan procède de cette humiliation lorsqu’il décide de renforcer les forces onusiennes, à la demande de la France, par 4000 soldats supplémentaires, et que le Président de la République de Côte d’Ivoire ne prend connaissance de cette décision que par la presse. Kofi Annan participe de cette humiliation lorsqu’il déclare qu’il ne pourrait admettre que des bandes armées participent à un gouvernement au Moyen Orient alors qu’en Côte d’Ivoire il protège des assaillants armés qu’il impose comme gouvernement. Quelles inconséquences ! Que de mensonges ! Peut-on construire la paix universelle dans l’humiliation des nations et le mensonge institutionnalisé ?La réponse du Pape est nette : « La paix ne peut être réduite à une simple absence de conflits armés, mais il faut la comprendre comme « le fruit d’un ordre qui a été implanté dans la société humaine par son divin Fondateur, un ordre qui doit être mené à la réalisation par des hommes aspirant sans cesse à une justice plus parfaite ». Vu ainsi, « la paix possède sa vérité intrinsèque et invincible », dit le Pape. Elle impose donc aux hommes, dans le déroulement de leur histoire, de se conformer à l’ordre divin dans la vérité, la justice, la liberté et l’amour, en toute responsabilité.Benoît XVI pose alors une question à la communauté internationale « … quand sont entravés et empêchés le développement intégral de la personne et la sauvegarde de ses droits fondamentaux, quand de nombreux peuples sont contraints à subir des injustices et des inégalités intolérables, comment peut-on espérer en la réalisation du bien et de la paix» ? Lorsque les mesures imposées à un peuple par l’Onu ne respectent pas la réalisation pleine et entière de la vérité de l’homme, elles ne peuvent conduire à la tranquillité de l’ordre telle qu’elle et présenté par Saint Augustin, continue le Pape.Dans son message, et se fondant sur les enseignements de la Bible, le Pape lance «Dehors (…) tous ceux qui aiment et pratiquent le mensonge». Le mensonge souligne t-il, en tant que péché, a des conséquences perverses qui ont causé et continuent à causer des effets dévastateurs dans la vie des individus et des Nations. Après un rappel de ce qui s’est passé au XX siècle où des idéologies fallacieuses agencées autour du parti unique, du communisme et du totalitarisme, ont mystifié la vérité pour bien exploiter et supprimer des millions d’hommes et de femmes, le pape explique à tous ces menteurs de la communauté internationale que «la recherche authentique de la paix à son point de départ dans la conscience que le problème de la vérité et du mensonge concerne tout homme et toute femme et qu’il se révèle décisif pour un avenir pacifique de notre planète». Chirac et Alliot Marie devraient lire plus souvent le Pape Benoît XVI qu’ils rendraient service à la paix, et à la Côte d’Ivoire et à la France et à l’Afrique. Depuis le déclenchement de la rébellion en Côte d’Ivoire, le Président Chirac et son Ministre de la Défense, pensent avoir le droit de faire n’importe quoi dans cette ancienne colonie directement, ou par personne et institutions interposées. Le message du Pape pourrait faire douter de cette attitude désinvolte, arrogante et condescendante de la Chiraquie. « Ce n’est pas parce qu’une guerre a malheureusement éclaté que du fait même tout devient licite entre parties adverses ». Tout ce que Chirac veut faire chez nous, de nous, pour nous ou contre nous n’est pas licite. Et nous avons raison de nous opposer à toutes leurs prétentions.Dans le même ordre d’idées, aux forces internationales de maintien de la paix, le Pape rappelle les paroles du Concile Vatican II : «ceux qui se vouent au service de la patrie et qui sont incorporés dans l’armée se considéreront eux aussi comme serviteurs de la sécurité et de la liberté des peuples, et, en s’acquittant correctement de cette tâche, ils contribuent vraiment à la consolidation de la paix».Les autorités politiques françaises qui s’efforcent depuis la mort de Houphouët Boigny, il y plus de dix ans, de nous imposer leurs vérités par la force, se comportent exactement comme ceux que le Pape appelle les fondamentalistes. Le terrorisme comme le gangstérisme d’Etat relève de ce fondamentalisme. Benoît XVI rejoint sur ce plan Jean Paul II qui écrivait il y a quelques années, «prétendre imposer à d’autres par la violence ce que l’on considère comme la vérité signifie violer la dignité de l’être humain et, en définitive, outrager Dieu dont il est l’image». Les fondamentalistes ont la prétention de pouvoir imposer la paix par la force et dans le mensonge ; ce qui n’est rien d’autre qu’un dangereux mépris pour l’homme et pour sa vie, ajoute Benoît XVI.Après toutes ces analyses l’on pourrait être tenté de considérer que le Pape est très pessimiste sur l’avenir de la vérité et de la paix universelles. En première lecture, ce pessimiste pourrait conduire au désespoir des résistants ivoiriens et des patriotes africains qui combattent maintenant partout en Afrique, selon un processus capillaire, la domination post coloniale de l’Elysée. En fait, il n’en est rien et il n’y a pas à désespérer. Bien au contraire, le message du Pape est plein d’espoir et invite à l’espérance prudente. Ecoutons le : « regardant le contexte mondial actuel, nous pouvons enregistrer avec plaisir quelques signes prometteurs sur le chemin de la construction de la paix. Je pense, par exemple, à la diminution numérique des conflits armés. Il s’agit certainement de pas encore très timides sur le sentier de la paix, mais déjà en mesure d’annoncer un avenir de plus grande sérénité, en particulier pour les populations martyrisées de la Palestine, la Terre de Jésus, et pour les habitants de certaines régions d’Afrique et d’Asie qui attendent depuis des années, la conclusion positive des processus de pacification et de réconciliation en cours. Ce sont des signes réconfortants qui demandent à être confirmés et consolidés par une action unanime et infatigable, surtout de la part de la communauté internationale et de ses organismes, qui ont pour mission de prévenir les conflits et d’apporter une solution pacifique à ceux qui sont en cours (…) Tout cela ne doit pas inciter à un optimisme naïf ».La prudence du Pape est certes liée à la détermination des dangereux fondamentalistes mais aussi elle tient aux errances de la fameuse communauté internationale qui, au lieu de protéger les populations en conflits se protège elle-même contre les belligérants dont elle désarme certains et les expose lorsqu’elle ne leur tire pas dessus après avoir mis le feu au processus de paix. La communauté internationale s’était engagée à désarmer les rebelles assaillants ivoiriens après leur amnistie par l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. Mais après l’adoption d’une loi d’amnistie, la communauté internationale a oublié ses propres engagements. Quelques temps après, elle s’engageait de nouveau à procéder au désarmement des rebelles à Marcoussis, et cela, dès la constitution du gouvernement de Seydou Diarra. Trois ans après la constitution de ce gouvernement, les rebelles sont toujours armés et les assaillants occupent toujours le Nord de la Côte d’Ivoire et continuent leurs pillages et leurs assassinats au profit des chiens de guerre et autres flibustiers soutenus par l’Elysée. L’économie de prébende, de trafic et de guerre est devenue profitable pour beaucoup trop de gens aujourd’hui qui ne souhaitent plus la fin de la guerre, la fin de la crise. Il faut bien rentabiliser les usines de traitement de cacao précipitamment construites au Burkina et exclusivement alimentées par la production de fèves de ce pays sahélien dont on sait tous qu’il ne fait que voler les paysans pris en otages dans les zones sous contrôle rebelles. L’Onu, la Cedeao, l’Ua, Uemoa font tous silence sur ce vol organisé. Le crime paye et paye bien.Pour parler à tous ceux qui veulent régner, ou qui règnent par la force des armes et des dépenses militaires, le Pape forme le voeux de voir se réaliser le désarmement. Ici comme ailleurs, son message est précis : «Le souhait qui monte du plus profond du cœur est que la communauté internationale sache retrouver le courage et la sagesse de relancer résolument et collectivement le désarmement, donnant une application concrète au droit à la paix, qui est pour tout homme et pour tout peuple». La crédibilité et l’autorité de la communauté internationale dépendent de l’objectif qu’exprime ce souhait souligne le Pape.Bien entendu, comme tout le monde, le Pape regrette les inefficacités et les contradictions de la communauté internationale et appelle de tous ses vœux une réforme de l’Onu. Ici aussi le message du Pape est très actuel pour les ivoiriens. « Confirmant sa confiance dans cette organisation internationale, l’Eglise catholique en souhaite le renouvellement institutionnel et opérationnel, afin qu’elle soit en mesure de répondre aux nouvelles exigences de l’époque actuelle, marquée par le vaste phénomène de la mondialisation. L’organisation des Nations Unies doit devenir un instrument toujours plus efficace pour promouvoir dans le monde les valeurs de justice, de solidarité et de paix ». Kofi Annan est-il capable de recevoir et de comprendre le message du Pape ? Est-il capable de l’appliquer rapidement plutôt que de se laisser ballotter par les ambassadeurs français vivant à New York et les fondamentalistes résidant à Elysée ? Kofi Annan et toute la communauté internationale seraient-ils capables de sentir la vérité de la paix et de s’y imprégner ? Peuvent-ils construire la paix sur le roc de la vérité de Dieu et de la vérité de l’homme ?Nous devons remercier et féliciter le Pape Benoît XVI pour ce message en ce début d’année 2006 et formuler le vœu que le ciel le protège le plus longtemps possible. Ici en Côte d’Ivoire, l’année a commencé avec deux tentatives de coup d’Etat. L’une partie d’Akouédo a été étouffée, l’autre engagée par le GTI, a été rejetée par le peuple de Côte d’Ivoire, ses patriotes et autres résistants, encore une fois, au prix de leur sang. Initialement conçue pour être une part de la solution au conflit ivoirien, la présence onusienne est devenue une partie du conflit ivoirien. Comment en est-on arrivé là ? La Chiraquie a des convoitises sur notre économie et pour les réaliser le Chef de l’Etat français s’appuie sur une classe politique en manque de foi. Avec cette aide, Chirac tente d’aseptiser, de légaliser et même de glorifier sa convoitise sur nous, nos biens, notre volonté et même sur nos âmes. Cette convoitise clairement exprimée dans les servitudes du pacte colonial est aujourd’hui acceptée par l’Onuci comme étant le fondement du système économique que Paris impose à ses ex-colonies depuis la fin des années 50. Si la communauté internationale écoute le message du Pape, alors elle devrait criminaliser cette convoitise française qui, malheureusement débouche toujours sur des conflits inextricables avec des populations africaines révoltées. L’Onu ne peut aider à légitimer ou à légaliser le gangstérisme d’Etat qui viole notre respect de nous même c’est à dire notre dignité.Les ivoiriens, éclairés par la Vérité qui rend libre, travaillent aujourd’hui à une réforme des relations entre la France et l’Afrique. Ils veulent devenir libres et avoir le droit de transmettre aux générations futures cette liberté. Depuis cinq siècles de relations tumultueuses avec la France, les Africains n’ont transmis générations après générations que la servitude et la pauvreté. Maintenant allons à la liberté. Dieu nous y invite mais pour cela nous devons comprendre la Vérité de la paix. Bonne Année à tous dans la Vérité qui rend libre. Et que Dieu nous bénisse.

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voyante 01/06/2016 10:02

Je suis tombé sur ton site depuis un retweet, donc j’interagis et je met des commentaires quand cela m'interpelle et que ça en vaut la peine.

un des employes 28/12/2014 06:25

. Cote d'ivoire: licenciement massif et abusif a la. S IP E F -. C I. Plus de 120 personnes licencies sur le dite de. Bolo (Sassandra) pour une pseudo crise economique.

anonymat 28/12/2014 06:06

Cote. D'ivoire: licenciement massif et abusif a la. S PzE Fr. C I