CRISE IVOIRIENNE

Publié le par Le Président, Nyamien Messou

Dénonciation des combines de la communauté internationale.


En 1949, l'écrivain anglais George Orwell publiait 1984, un roman anti-utopique que l'on peut considérer comme un ouvrage de traité de politique à la Machiavel. En y inscrivant le doublethink (attitude consistant à développer deux pensées contradictoires et à les tenir toutes deux pour vraies) et le doublespeak (pratique consistant à dire à la fois une chose et son contraire) au cœur de la pensée et du discours politiques, il était certainement à mille lieues d'imaginer que quelques décennies plus tard, les politiques de par le monde les érigeraient en principes universels de gouvernance. Une revue succincte des prises de positions de la communauté internationale dans la crise que connaît notre pays depuis maintenant quatre ans suffit à étayer nos propos.

Rappel des manœuvres de la communauté internationale depuis le début de la crise

Dès le lendemain du coup de force du 19 septembre 2002, des voix s'élevaient ça et là, dans un concert unanime, pour condamner cette énième tentative de coup de force qui balafrent le paysage politique africain depuis l'ère des indépendances. La CEDEAO, I'UA, I'UE, I'ONU, pour citer les organisations internationales, et de nombreux pays ont dénoncé l'instabilité ainsi créée dans cette contrée réputée être un foyer de stabilité en Afrique noire. Nombreux ont été les organisations et pays compatissants à inviter au cessez-le-feu, les uns au motif d'éviter aux Ivoiriens de s'étriper, les autres au motif que du fait de la situation stratégique de la Côte d'Ivoire, il fallait mettre un terme immédiatement aux hostilités pour éviter que la sous-région ne sombre dans le chaos.
Mais bien vite, ces discours de paix apparurent comme des discours de façade. Et la vérité, comme une pointe de saphir, commença à poindre au travers d'un faisceau de propos et d'attitudes trahissant la combine.

De la condamnation à la sanctification des rebelles

Les textes de la CEDEAO invitent les pays membres à ne pas servir de base-arrière pour la déstabilisation d'un autre pays membre de l'organisation. Or, il est attesté que les rebelles ont mené leurs actions à partir de pays à la frontière septentrionale de la Côte Ivoire, à savoir le Burkina Faso et le Mali. Cependant, ni la CEDEAO, ni l'UA, encore moins l'ONU n'ont interpellé ou condamné les pays susmentionnés pour leurs agissements. Mieux, le Nigeria qui, en application des mêmes textes, avait dépêché ses avions de guerre en Côte d'Ivoire, a dû les reprendre sans qu'ils ne fussent utilisés, non par tant pour respecter le cessez-le-feu que pour se conformer aux injonctions de la France. Paris s'est fait fort de rappeler au Nigeria que le contrat d'achat de ces avions stipule qu'ils ne doivent être utilisés en dehors du Nigeria. Et, de toute évidence, la Côte d'Ivoire ne fait pas partie de l'État nigérian.
Les auditeurs, lecteurs et téléspectateurs avisés des médias français ne tardèrent pas flairer la combine et l'implication de la France dans la crise ivoirienne. Au demeurant, les analyses du SYNARES avaient fortement éventré le complot. En effet, alors que personne ne connaissait le visage de la horde armée qui a attaqué la Côte d'Ivoire, les médias français - se faisant en cela l'écho des autorités de françaises - soutenaient qu'il n'y avait pas d'issue militaire possible à la crise qui venait d'éclater. Les rebelles, disaient-ils, étaient surarmés, bien entraînés et disciplinés face à une armée ivoirienne en déliquescence. Comment le savaient-ils ? Ces médias ne tardèrent d'ailleurs pas à faire le panégyrique de ces assaillants. Ils furent même traités de Robins des bois des temps modernes; de rebelles policés qui réglaient leurs dépenses rubis sur ongle et se battaient pour des causes justes : lutte contre l'exclusion, les injustices faites au Nord, l'ivoirité, la xénophobie, etc. Bref, les rebelles condamnés dès l'éclatement de la crise furent ennoblis et rendus fréquentables...par la presse et la diplomatie françaises au grand dam du peuple de Côte d'Ivoire. Baptisés MPCI au départ, ils acquirent leurs lettres de noblesse en devenant Forces nouvelles. Désormais, ils pouvaient participer à toutes les négociations sur un pied d'égalité que le pouvoir légalement investi par le Peuple de Côte d'Ivoire et les partis politiques régulièrement constitués. Le clou de cette sanctification fut Marcoussis et Kléber, axées essentiellement sur la satisfaction des revendications du bloc rebelle. Couvés par la communauté internationale combinarde, ils entrèrent au gouvernement kalash au poing, sans jamais avoir donné de signe de renonciation à leur projet de renverser leurs institutions de la République de Côte d'Ivoire.
Silence approbateur de la communauté internationale. La feuille de route édictée par Marcoussis fut mise sous le boisseau: le désarmement, la réunification du territoire et le redéploiement de l'administration furent relégués aux calendes grecques, avec la bénédiction de la communauté internationale. Le boycottage de l'action gouvernementale dans un mutisme assourdissant de la communauté internationale, qui a même plaidé pour que les ministres révoqués pour absentéisme chronique (Soro sous Seydou Diarra) retrouvent leur fauteuil au gouvernement ,était de mise. Consécration de l'incurie.
Que dire de l'impunité totale assurée aux rebelles ! Les innombrables violations des droits de l'homme et les tueries en masse perpétrées dans les zones sous contrôle rebelle n'ont suscité quasiment aucune protestation de la part de la communauté internationale. Citons à cet effet, I'élimination de Doe Félix, les massacres dans des conteneurs à Korhogo, les meurtres de certains chefs rebelles par leurs pairs à Bouaké et à Korhogo (nous n'allons pas plaindre des criminels mais tels sont les faits), les massacres de Petit Duékoué et de Guitrozon que la communauté internationale a condamné d'une voix inaudible. La combine a pris de telles proportions que l'on peut dire sans craindre de se tromper que la communauté internationale est de mèche avec la rébellion à laquelle elle apporte un soutien actif.

Du soutien actif de la communauté internationale à la rébellion

Qui a contribué à l'implantation des rebelles à Bouaké ? C'est bien la France qui, sous le prétexte d'avoir besoin d'une trêve de 48 heures pour évacuer ses ressortissants et les étrangers, a réorganisé et alimenté en armes la rébellion qui était en déroute à Bouaké (Gary K Busch in La Guerre de la France contre la Côte d’'Ivoire). Qui favorise la partition de la Côte d'Ivoire en trois par Licorne et l'Onuci (zone de confiance, zone sous contrôle rebelle et zone gouvernementale), permettant aux rebelles de se targuer d'avoir un territoire sous leur contrôle et de pavoiser ? C'est bien la combinarde de communauté internationale.
Alors qu'Annan appelait au respect des constitutions en Afrique lors d'une réunion de l'UA à Addis-Ababa, la communauté internationale, I'ONU en tête, n'a-t-elle pas œuvré à saborder la Constitution ivoirienne. N'est-ce pas elle qui prône des solutions politiques à la place de l'organisation de référendums pour trancher des questions essentielles telles que l'éligibilité à la présidence, le foncier rural et la naturalisation? Alors que Kofi Annan soutient à propos du Hamas, qui a remporté les élections législatives en janvier en Palestine, qu'aucun groupe ne sera convié aux négociations de paix tant qu'il sera en armes, en Côte d'Ivoire, c'est aux rebelles que la communauté internationale déroule le tapis pendant qu'elle accable le pouvoir en place et les patriotes de tous les pêchés d'Israël.
La communauté internationale apporte désormais ouvertement appuis diplomatiques et logistiques à la rébellion. Les voix qui se sont élevées hier contre la rébellion se sont toutes tues quand elles n'embouchent pas désormais les trompettes de l'encensement. Devenue honorable, la rébellion bénéficie d'un large soutien diplomatique dans la sous-région. Le Ghana observe désormais de loin le conflit ivoirien, la France et ses potions magiques ayant eu raison d'un Kufuor qui se mêlait trop du conflit ivoiro-ivoirien dans la chasse gardée de la France; au Sénégal, Wade ouvre les portes de son palais et ses ondes aux rebelles ivoiriens alors que les médias d'Etat sénégalais n'ont pas le droit de s'ouvrir aux rebelles casamançais; au Mali, les rebelles peuvent circuler et se livrer à des trafics commerciaux de tout genre ; au Burkina, ils sont les nouveaux investisseurs, les alliés du régime et de l'économie burkinabé. Blaise ne ménage aucun effort pour les recevoir et pousse l'outrecuidance et l'injure jusqu'à les convier à sa prestation de serment. Que dire de la France qui soit nouveau sur son implication dans la rébellion ? L'Élysée et Matignon mettent tout en œuvre pour que leurs poulains ne manquent de rien : égards protocolaires, moyens, appuis logistique et militaire.
Tout y passe ! Le triomphe de la rébellion garantira la stabilité de l'empire français.
Alors, le reste n'est qu'affaire de jugeote. Quand elle ne crée pas des relais et des réseaux mafieux (arrestation de Blé Goudé en Belgique, pervertissement des vues et des résolutions des Nations Unies), la France s'implique directement dans le conflit qu'elle a elle-même qualifié au départ d'ivoiro-ivorien, comme ce fut le cas en novembre 2004, sombrant dans la folie.

De la combine à la folie

La France a fait échec à l'opération Dignité en détruisant les aéronefs militaires ivoiriens pour éviter que ces protégés ne soient mis hors d'état de nuire. Elle préserve ainsi sa monnaie d'échange - à savoir la rébellion - qui lui permet de prendre le peuple de Côte d'Ivoire en otage. Pour masquer la vérité, elle empêche l'accès des sites bombardés aux autorités ivoiriennes commises aux investigations sur les événements de novembre 2004. Pire, comme un État voyou, elle a fait disparaître les boîtes noires des aéronefs mis en cause pour brouiller l'enquête. Malfaisante, elle a étendu sa toile de perfidie en manœuvrant pour que la victime prenne la place du bourreau sur l'échafaud de la réprobation publique. Ainsi, la Côte d'Ivoire est-elle vouée aux gémonies, à sa place.
Sur son instigation, la communauté internationale n'a pas trouvé de mots assez durs pour condamner l'opération Dignité alors que les autorités ivoiriennes avaient eu l'aval de ses représentants à Abidjan. Une réunion de quelques chefs d'Etats africains aux ordres - de l'Elysée - convoquée à Abuja en novembre 2004 n'a eu aucun mot de compassion pour les victimes de l'armée française. Au contraire, ce sont les Ivoiriens qui ont été cloués au pilori pour avoir voulu recouvrer leur dignité. Ces dignes chefs d'États africains n'ont rien trouvé de mieux à faire que de faire allégeance à la Chiraquie. Résultats des courses: une résolution du Conseil de sécurité a condamné la Côte d'Ivoire et décidé d'un embargo sur les livraisons d'armes à notre pays. De façon éhontée, à l'expiration de l'embargo, la France et ses affidés ont inventé des mensonges puérils pour que l'embargo soit reconduit, alléguant des violations de l'embargo par la livraison d'armes à la Côte d'Ivoire par l'Afrique du Sud et la réparation de nos aéronefs détruits.
Partie prenante intégrale au conflit ivoirien aux côtés des rebelles coalisés, la communauté internationale a depuis belle lurette jeté bas les masques. Les propos et attitudes de ses émissaires le confirment tous les jours que Dieu fait. Sinon, comment comprendre les sorties de ces pseudo-artisans de la paix qui aliènent la vérité et le droit ? Ecoutons, à propos de la CEI, Monteiro nous recommander de préférer l'arrangement politique au droit. A quelques heures de la tenue de la deuxième réunion du GTI, I'ambassadeur de Belgique près la Côte d'Ivoire ne disait-il pas, au sortir d'une audience avec le Chef de l'État, Laurent Gbagbo, qu'il souscrivait à la dissolution de l'Assemblée nationale, en violation de la décision de la Cour constitutionnelle. Louis Michel, de la Commission européenne ne nous disait-il pas que les élucubrations du GTl avaient valeur d'oukases auxquels les Ivoiriens devaient se soumettre ? Le pro-consul Pierre Schori, représentant spécial de Kofi Annan, le nègre de service à l'opaque Maison de verre - de combine, oui - à New York, n'avait-il pas déjà entériné la dissolution de l'Assemblée nationale quand la résistance patriotique l'a rappelé à l'ordre ? Obasanjo, le pompier venu éteindre le brasier allumé par le GTI, n'avait-il pas déclaré que le GTI n'avait ni autorité, ni compétence pour dissoudre l'Assemblée nationale pour être contredit quelques jours plus tard par le Conseil d'insécurité de l'ONU qui disait endosser les positions du GTI ?
Tout un peuple a mal compris et contesté une chose qui n'existe pas. Et oui, la Côte d'Ivoire a sombré dans la folie. Voilà ce qu'on veut nous faire croire. Mais les vrais fous, c'est la communauté internationale incapable d'assumer ses propres turpitudes et ses desseins obscures. La folle, c'est cette communauté internationale qui pense que les Ivoiriens sont incapables de lire ses combines. La démente, c'est cette communauté internationale polymorphe qui veut décapiter l'État souverain de Côte d'Ivoire et le mettre sous administration. La déséquilibrée, c'est cette mafia chiraco-onusienne qui prend des sanctions à l'encontre des Patriotes pour avoir défendu la dignité de leur patrie et les inscrits dans le même registre que des criminels comme Fofié Kouakou. Vraiment, la raison a déserté ce monde, tant et si bien que Kofi Annan ose envoyer une facture à l'État de Côte d'lvoire pour exiger réparation des dégâts subis par l'Onuci, suite à la dissolution de l'Assemblée nationale par le GTI. Nous n'allons pas nous attarder sur le non-sens d'une telle action qu'il faut comprendre. Annan a du mal à boucler son budget et tous les moyens sont bons pour y arriver, y compris verser le sang humain, commerce qu'il affectionne. Après les Rwandais, qu'il a laissé tuer en masse c'est aux Ivoiriens qu'il s'en prend.
Par sa pratique du double langage et la pensée antithétique, la communauté internationale a démontré qu'elle n'a ni crédit, ni honorabilité. Elle nous a amplement démontré qu'elle ne défend pas la cause des petits pays. Elle a clairement montré qu'elle est entièrement partie prenante au conflit ivoirien. En conséquence, le collectif de la société civile patriotique met simplement la communauté internationale en garde. Si elle et ses porte-voix, comme Kofi Annan, persévèrent dans leurs basses combines, ils trouveront sur leur chemin, un peuple déterminé à lutter, au prix de sa vie, pour préserver sa dignité; remercie Bongo, le répondeur automatique de la France de nous avoir informé que pour avoir fait obstacle aux manigances du GTI, les Patriotes ivoiriens ont fait échec à la régence de Banny telle que voulue par Paris et que, en conséquence, la mission de Banny a échoué; met en garde la France chiraquienne sur son projet de faire perdurer la crise ivoirienne pour assouvir ses desseins. Le peuple de Côte d'Ivoire ne supportera pas indéfiniment la sujétion dans laquelle la France entend le maintenir. Il saura se dresser contre la France et ses affidés pour conquérir sa liberté.



Le Président, Nyamien Messou

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